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02/12/2015 08:31 EST | Actualisé 02/12/2016 00:12 EST

« Bâtir un bon plan ensemble » - Lance Stroll

Lance Stroll est conscient de la chance qu'il a d'avoir un poste de pilote de développement chez Williams. À seulement 17 ans, une porte qui pourrait le mener à la F1 s'ouvre.

Un texte de Philippe Crépeau

Le jeune Montréalais vient de terminer sa première saison de F3, dans le Championnat européen, à sa deuxième année en catégorie formule. Il avait fait de la F4 en 2014 et remporté (avec l'équipe Prema) le Championnat italien, grâce à sept victoires et cinq positions de tête.

En 2015, Prema lui a offert de participer aux Championnat européen de F3. une saison de 33 courses. En deuxième moitié de saison, après avoir trouvé ses marques, il est monté cinq fois sur le podium (quatre fois 3e, une fois 2e), il a gagné une course en fin de saison (à Hockenheim), et a fini 5e au classement général final.

« Williams me suivait l'an dernier en F4, et j'ai gagné des courses, j'ai fait une bonne saison, et c'est au milieu de ma saison de F3 cette année qu'ils m'ont approché, a expliqué Lance Stroll, en français, à Radio-Canada Sports. Je suis allé les voir deux, trois fois, et ce qu'ils m'offrent est très excitant.

« C'est vraiment un grand pas dans ma carrière. On a parlé, et quand on a tous été contents, on a signé une entente. »

Lance Stroll avait créé la surprise en 2010, quand Ferrari lui avait offert une place dans son programme de développement.

« Ferrari m'a construit comme pilote depuis mon jeune âge, affirme le Québécois. J'étais vraiment dans une famille chez Ferrari. Mais Williams m'a vraiment offert quelque chose d'intéressant pour mon avenir. Après, nous avons pris la décision de continuer avec Williams. Ça n'a pas été une décision facile à prendre. »

Pour le moment, Williams n'a que Lance Stroll dans son programme 2016 de développement pour jeunes pilotes. Le Britannique Alex Lynn, 22 ans, champion GP3 de 2014, en faisait partie en 2015.

L'équipe a précisé à Radio-Canada Sports par courriel qu'elle propose au Canadien un programme d'entraînement et qu'il n'a aucun rôle à jouer comme pilote, autre que durant des séances de travail en simulateur qui commenceront en 2016.

« J'espère être avec eux en F1 un jour parce qu'ils ont de l'expérience avec de jeunes pilotes comme Valtteri Bottas, comme Jenson Button, comme Nico Rosberg, comme Jacques Villeneuve qui ont tous commencé en F1 avec eux. C'est donc une belle opportunité pour moi. »

2016, une année déterminante

La saison 2016 de Lance Stroll sera déterminante. Williams aura à coeur qu'il réussisse sa saison de F3. En tout cas, il fait partie de l'équipe qui a remporté en 2015 les titres pilote et constructeur.

« En 2016, je me concentre sur ma saison de F3, je vais essayer de gagner le championnat. C'est réaliste de penser ça. Ma première année en F3 a été bonne. J'ai fini 5e du championnat, j'ai gagné une course, j'ai fait des podiums.

« L'an prochain, ce serait bien de faire un pas en avant, et de gagner le championnat parce qu'avec le travail qu'on fait et avec la progression qu'on a faite à la fin de cette saison, c'est très possible pour 2016, surtout que Prema a une voiture pour gagner des courses, pour gagner des championnats, mais il faut tout le package. Il faut que moi, je sois au top de mon travail, et il faut que la voiture soit aussi au top pour gagner des courses. »

Lance Stroll devra en effet être au sommet, car Prema compte inscrire quatre voitures (châssis Dallara, moteur Mercedes-Benz). Il aura comme principaux adversaires ses coéquipiers.

Le Canadien a déjà un bon coup de volant. Il a maintenant le soutien de Williams (associée à Mercedes-Benz). Ne lui manque plus que l'expérience nécessaire pour passer à l'étape suivante.

« La F3, c'est tout le temps très compétitif. Il y a plein de pilotes de F1 qui sont passés en F3. Pour être un meilleur pilote, ça prend des courses. Je n'ai que deux années dans ma poche de courses en formule, rappelle-t-il. Alors l'an prochain, j'aurai beaucoup plus d'expérience de course.

« Et ce sera aussi important que je montre que je suis compétitif, que je peux gagner des courses. Et l'an prochain, j'ai une chance de montrer ça et on va travailler très fort pour y arriver »

Ses tâches chez Williams vont l'aider à traverser la saison 2016 de F3.

« Je vais faire beaucoup de travail avec Williams dans le simulateur F1, mais aussi beaucoup de travail en conditionnement physique et mental. Ils vont m'aider à devenir un meilleur pilote qu'avant. Je vais avoir beaucoup de support de Williams pour la préparation des courses pour que je puisse avoir les meilleures chances de gagner le titre de F3 », précise-t-il.

Sa saison 2016 sera pleine. Mais attention à ne pas s'en mettre trop sur les épaules...

« On va s'arranger que je puisse avoir un bon programme, que ce ne soit pas trop fou, affirme-t-il. On va bâtir un bon plan tous ensemble que je puisse faire ma F3 comme il faut, et de faire mon travail de pilote de développement Williams comme il faut. »

Suivre les traces de Verstappen?

Pour l'instant, il ne veut pas parler de son passage éventuel en F1, mais il rappelle que Max Verstappen est passé directement de la F3 à la F1.

« La F1 est proche et loin à la fois. Ça dépend où on est après 2016. C'est sûr que je veux faire de la F1, c'est mon objectif. Mais pour le moment, mon focus est sur la F3. Je prends ça une course à la fois. Après, on prendra des décisions tout le monde ensemble.

« Quand on regarde ce qu'a fait Max Verstappen, on ne sait pas ce qui peut arriver. On a encore un bout de temps devant nous, plein de choses peuvent arriver. En 2016, on a beaucoup de courses devant nous en F3, après, on verra quelles sont opportunités qui s'ouvrent à nous. »

Lance Stroll s'est donc engagé sur une autoroute qui pourrait le mener droit en F1.

Il croisera certainement dans les paddocks des grand prix son père, Lawrence Stroll, amoureux de course automobile et milliardaire après avoir fait fortune dans l'industrie du vêtement. Il a beaucoup de contacts en F1 et a cherché ces dernières années à y investir.

« Je ne sais pas quels sont les plans, reconnaît Lance Stroll. Moi, je suis concentré sur mes affaires. Il aime me regarder faire des courses et je ne pense pas qu'il arrivera en F1 avant moi. Il me supporte au maximum, et il viendra avec moi en F1. »

Ne vous étonnez pas si en 2016, vous voyez Lance Stroll, les écouteurs sur les oreilles dans le garage Willliams, à écouter les conversations des ingénieurs et pilotes.

« C'est prévu dans l'entente, précise-t-il. Si j'ai du temps, je serai là chez Williams. Si je peux apprendre des choses des deux pilotes, si je travaille un peu avec eux, je vais prendre l'expérience que je peux. »