NOUVELLES
02/12/2015 04:26 EST | Actualisé 02/12/2016 00:12 EST

Au moins cinq morts et neuf blessés dans des violences au Burundi

Au moins cinq personnes ont été tuées et neuf blessées depuis mardi soir au cours de violences distinctes à Bujumbura et dans sa province, ont indiqué mercredi des responsables locaux et des témoins.

"Hier vers 19H30 (17H30 GMT), des criminels ont lancé une grenade dans un bar" à une dizaine de km à l'est de Bujumbura, "une personne a été tuée sur le champ et sept autres blessées, mais l'une d'elle a succombé à ses blessures une fois à l'hôpital", a annoncé à l'AFP Damien Barindambi, administrateur de la commune de Mutimbuzi.

Une autre grenade avait explosé 30 minutes auparavant dans un autre bar, à une trentaine de km à l'est de Bujumbura, faisant trois blessés parmi le personnel, selon l'administrateur de la commune de Mugongo Manga, Diomède Ndabahinyuye.

Mutimbuzi et Mugongo Manga se trouvent dans la province de Bujumbura-Rural qui entoure la capitale et a déjà été plusieurs fois le théâtre d'affrontements entre forces de l'ordre et membres d'une rébellion en gestation, née de la contestation du troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.

A Bujumbura, les corps de trois jeunes gens tués par balles ont été retrouvés mercredi matin dans le quartier de Mutakura, un des hauts-lieux de la contestation situé dans le nord de la capitale, selon des témoins.

"Il n'y a pas de sang à l'endroit où on les a retrouvés et les gens pensent qu'ils ont été amenés pendant la nuit", a expliqué à l'AFP un des témoins sous couvert de l'anonymat. Selon lui, un des corps a été identifié comme celui d'"un habitant du quartier (voisin) de Kinama, où il y a eu de nombreux tirs pendant la nuit".

La candidature, fin avril, de M. Nkurunziza à un troisième mandat que ses adversaires jugent contraire à la Constitution et à l'accord d'Arusha qui a permis la fin de la guerre civile (1993-2006), a plongé le Burundi dans une grave crise émaillée de violences.

La mise en échec d'une tentative de coup d'Etat militaire en mai, puis l'étouffement de six semaines de manifestations quasi-quotidiennes un mois plus tard et enfin la réélection controversée de M. Nkurunziza en juillet n'ont pas empêché l'intensification des violences, désormais armées.

Les assassinats ciblés se multiplient et les attaques contre la police ou des bars sont devenues quasi-quotidiennes.

esd/ayv/cyb/cyj