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02/12/2015 08:20 EST | Actualisé 02/12/2016 00:12 EST

Amnesty appelle la Tunisie sous état d'urgence à garantir les droits de l'Homme

Amnesty International a appelé mercredi la Tunisie à ne pas revenir aux mesures "répressives" de l'ère Ben Ali, après les centaines de descentes ayant suivi l'attentat suicide qui a visé des forces de l'ordre la semaine dernière.

La Tunisie a rétabli l'état d'urgence pour 30 jours et imposé un couvre-feu dans le Grand Tunis après cette attaque revendiquée par le groupe Etat islamique (EI), qui a tué 12 agents de la garde présidentielle en plein Tunis le 24 novembre.

L'organisation de défense des droits de l'Homme basée à Londres parle d'"au moins 1.880 opérations et 155 arrestations" dans tout le pays depuis lors.

Elle évoque notamment une série de perquisitions nocturnes menées le 27 novembre à La Goulette, en banlieue de Tunis.

"Des dizaines d'hommes --au total de 50 à 70 selon des témoins-- ont été arrêtés, dont des habitants malades et âgés", a avancé Amnesty, selon qui "des membres de la brigade antiterroriste ont fait irruption dans des maisons en cassant des portes sans s'identifier, sans présenter de mandats et en pointant des armes sur les résidents".

"Dans certains cas, ils ont fait irruption dans des chambres à coucher et menacé des gens qui dormaient avec des armes", a insisté l'ONG.

Amnesty dit avoir parlé à des habitants "visiblement encore sous le choc", dont certains "ont pensé qu'ils étaient en train d'être attaqués par des cambrioleurs ou des criminels. D'autres ont cru être attaqués par des terroristes".

D'après elle, "la longue et douloureuse expérience des abus sous l'ex-président Ben Ali a jeté une ombre sur les réalisations des cinq dernières années, et l'actuel gouvernement doit veiller scrupuleusement à ce qu'il n'y ait pas de retour à la torture et à la répression au nom de la lutte contre le terrorisme".

"On demande aujourd'hui aux Tunisiens de choisir entre la sécurité et les droits et libertés, mais ils veulent les deux. Et il est du devoir de l'Etat de chercher à protéger les gens tout en maintenant les droits de l'Homme pour tous", a encore fait valoir Amnesty.

Sollicité par l'AFP, le ministère de l'Intérieur n'a pas pour l'heure réagi.

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