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01/12/2015 07:32 EST | Actualisé 01/12/2016 00:12 EST

Zones spéciales de paix demandées par les Farc : Bogota dit non

Le gouvernement colombien a catégoriquement rejeté mardi la proposition des Farc de créer des zones spéciales de paix en Colombie, où seraient regroupés ses combattants pour faciliter le retour à la normale dans ce pays, déchiré par le plus vieux conflit armé d'Amérique latine.

"Nous ne sommes pas entrés dans ce processus pour diviser le pays ni pour mettre à disposition des territoires ingouvernables", a déclaré le général à la retraite Jorge Enrique Mora, négociateur du gouvernement, peu avant d'entamer un nouveau cycle de discussions avec la guérilla à la Havane.

La capitale cubaine héberge les pourparlers de paix depuis novembre 2012 et les deux parties se sont engagées récemment à signer un accord final d'ici mars prochain.

Il y a une semaine, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) avaient proposé au gouvernement colombien la création de ces zones spéciales de paix, démilitarisées et baptisées "terrepaz", qui seraient établies dans les régions historiquement sous l'influence des Farc, situées dans le sud, le nord-ouest et l'est du pays.

"Nous n'avons jamais pensé à une Colombie fragmentée, cela ne fait pas partie de notre imaginaire ! Ces célèbres +terrepaz+ font partie de l'imaginaire des Farc", a ajouté le général Mora.

Tenus sans cessez-le-feu sous la médiation de Cuba et de la Norvège, les pourparlers ont abouti à des accords sur des points importants : réforme rurale, lutte anti-drogue, participation des ex-guérilleros à la vie politique.

Restent à étudier le mode de ratification d'un éventuel accord de paix final et les modalités de fin du conflit.

Le conflit colombien, qui au fil des décennies a impliqué guérillas d'extrême-gauche, paramilitaires d'extrême-droite, forces armées et narco-trafiquants, a fait au moins 220.000 morts, des dizaines de milliers de disparus et six millions de déplacés.

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