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01/12/2015 09:58 EST | Actualisé 01/12/2016 00:12 EST

Nigeria: un ex-haut responsable arrêté dans un scandale de corruption

Le conseiller à la sécurité nationale de l'ex-président nigérian Goodluck Jonathan, Sambo Dasuki, a été arrêté mardi avec d'autres suspects dans un vaste scandale de corruption concernant des contrats d'armement, a-t-on appris de sources concordantes.

Il est soupçonné d'avoir accepté pour environ deux milliards de dollars de "contrats fictifs et fantômes" d'armement pour la lutte contre le groupe islamiste Boko Haram. Il est également poursuivi pour possession illégale d'armes à feu et de blanchiment d'argent.

M. Dasuki a été transféré au quartier général des services du renseignement à Abuja, selon un de ses proches. D'autres anciens responsables politiques liés à l'ex-président Jonathan ont également été arrêtés dans cette affaire, selon un haut dirigeant de la Commission contre les crimes économiques et financiers (EFCC).

"L'ancien secrétaire d'Etat aux Finances, Bashir Yuguda, et un autre responsable de l'Agence de sécurité nationale (NSA) ont été arrêtés hier (lundi). Aujourd'hui (mardi) ils ont amené l'ancien gouverneur de l'Etat du Sokoto, Attahiru Bafarawa, et (l'homme d'affaires) Raymond Dokpesi. Les arrestations sont en lien avec le scandale des contrats d'armement", a-t-il dit à l'AFP sous couvert d'anonymat.

M. Dasuki, âgé de 60 ans, était un des hommes-clés du régime de Goodluck Jonathan, sous lequel il a servi comme conseiller à la sécurité de juin 2012 jusqu'à son limogeage mi-juillet par le nouveau président Mohammadu Buhari.

A la mi-novembre, il avait été accusé dans un rapport d'avoir "conclu des contrats fictifs et fantômes" pour un total de 2 milliards de dollars pour l'acquisition de quatre avions de chasse Alpha Jet, douze hélicoptères et des explosifs et munitions. M. Dasuki a nié ces allégations, affirmant que ces contrats et paiements avaient été approuvés par l'ancien président.

"Les révélations du rapport sont extrêmement inquiétantes compte tenu que ces malversations ont eu lieu à un moment où l'armée combattant l'insurrection dans le nord-est avait un besoin désespéré d'équipements et de munitions", avait regretté Muhammadu Buhari. Le président avait donné l'ordre que tous ceux qui étaient impliqués dans ce scandale "rendent des comptes".

Général à la retraite et déjà président du Nigeria de décembre 1983 à août 1985, Muhammadu Buhari a pris ses fonctions en mai et s'est fixé comme priorité de mettre un terme d'ici la fin de l'année à l'insurrection de Boko Haram, qui a fait 17.000 morts depuis 2009.

Sous le mandat de M. Jonathan, Boko Haram a conquis de vastes territoires dans le nord-est du pays, menaçant la souveraineté du Nigeria alors que l'armée se plaignait de manquer d'armement contre l'insurrection affiliée au groupe Etat islamique (EI).

L'Indice du terrorisme mondial 2015 publié en novembre par l'Institut pour l'Economie et la paix qualifie Boko Haram de "groupe terroriste le plus meurtrier" avec 6.633 morts l'année dernière, devant l'EI (6.073 morts).

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