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01/12/2015 09:47 EST | Actualisé 01/12/2016 00:12 EST

Le président yéménite remanie son gouvernement

Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, dont le pays est déchiré par la guerre, a procédé mardi à un remaniement ministériel, touchant notamment les ministères clés des Affaires étrangères et de l'Intérieur, ont indiqué des médias d'Etat.

Ces changements interviennent sur fond de brouille entre le président et son Premier ministre Khaled Bahah, au moment où les forces progouvernementales butent sur la résistance des rebelles chiites Houthis dans la province de Taëz, dans le sud-ouest du pays.

Abdel Malak al-Mekhlafi, qui dirige une équipe gouvernementale pour les négociations de paix, succède à Ryad Yassine à la tête du ministère des Affaires étrangères.

Le général Hussein Arab devient le nouveau ministre de l'Intérieur, son prédécesseur le général Abdo al-Houzeifi rejoignant les services du renseignement, a rapporté l'agence Saba citant des décrets présidentiels.

"Ce changement a principalement pour but de remplacer M. Yassine qui a eu des différends avec M. Bahah", a confié une source proche du Premier ministre.

Parmi les nouvelles têtes figurent aussi Salah al-Chanfara nommé ministre des Transports, mais ce dernier a indiqué à l'APP qu'il rejetait sa nomination.

"Je suis à la tête du Conseil suprême du mouvement sudiste et nous sommes en révolution, je n'accepterai pas de postes", a justifié M. Chanfara, en référence au courant indépendantiste sudiste. Le sud du Yémen a été indépendant entre la fin de l'occupation britannique en 1967 et la réunification du pays en 1990.

Les groupes sudistes combattent aux côtés des forces progouvernementales et ont joué un rôle clé dans la reconquête cet été de cinq provinces du sud. M. Hadi est ainsi revenu le mois dernier à Aden (sud), déclarée capitale temporaire du pays après sa "libération" des mains des rebelles fin juillet.

Partis l'an dernier de Saada, leur fief dans le nord, les rebelles chiites Houthis ont conquis la capitale Sanaa puis de larges pans du territoire.

L'Arabie saoudite a pris la tête fin mars d'une coalition pour soutenir les forces pro-Hadi qui tentent de regagner les territoires conquis par les Houthis et leurs alliés, des militaires restés fidèles à l'ancien président Ali Abdallah Saleh. Le conflit a déjà fait plus de 5.700 morts, pour moitié des civils, selon l'ONU.

Des combats font rage depuis plusieurs semaines dans la province de Taëz (sud-ouest), dont la reconquête par les forces anti-Houthis pourrait faciliter la reprise de Sanaa.

Des tirs d'obus de mortier et d'artillerie de rebelles contre des quartiers résidentiels de la ville de Taëz ont tué mardi six civils et fait 22 blessés, ont indiqué des sources médicales et gouvernementales.

Plus au sud, dans la localité de Charija, des troupes soudanaises sont arrivées en soutien aux forces pro-Hadi, selon des sources militaires.

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