POLITIQUE
01/12/2015 11:17 EST | Actualisé 02/12/2015 11:11 EST

Le président du Sénat, Leo Housakos, aurait coulé le rapport du vérificateur général

Adrian Wyld/The Canadian Press

OTTAWA - Le président du Sénat, Leo Housakos, serait la source qui a divulgué des passages du rapport du vérificateur général aux médias, a appris le Huffington Post Canada.

Housakos, un sénateur conservateur qui sera remplacé par un autre président nommé par le premier ministre Justin Trudeau, a coulé les documents à quelques journalistes la semaine avant la publication du rapport en juin dernier, selon deux sources qui ont requis l’anonymat.

« [Housakos] avait, et continue d’avoir, un agenda, a admis une ancienne bureaucrate. Nous nous sommes battus à plusieurs reprises. Quand on m’a demandé de couler les documents concernant le privilège parlementaire. Quand on m’a demandé d’agir de façon non professionnelle avec les médias. Quand on m’a demandé d’aller à l’encontre de la Loi sur les langues officielles. Quand on m’a demandé de travailler d’une façon partisane. »

« Je lui ai tenu tête et j’ai refusé de faire des choses qui discréditeraient ma réputation et mes standards professionnels », a-t-elle poursuivi.

Après quelques confrontations avec le président du Sénat, elle a quitté son emploi au mois de septembre et dit qu’un groupe de sénateurs a engagé un ancien employé conservateur pour accomplir son travail de nature non partisane.

L’assistant de Housakos, Jacqui Delaney, n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue.

Une autre source dit avoir vu Housakos divulguer les documents à des membres des médias. Delaney était aux côtés de Housakos quand le président aurait donné ces informations à certains individus.

Le rapport du vérificateur général Michael Ferguson visait 21 sénateurs à qui l’on reprochait d’avoir fait des dépenses inadmissibles. Les cas particulièrement préoccupants de neuf autres sénateurs auraient été transmis à la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Les informations divulguées aux médias dès le 4 juin 2015 avaient placé plusieurs sénateurs dans une situation embarrassante, ne sachant pas comment se défendre sans avoir vu les conclusions du rapport.

Le jour de la publication du rapport, le 9 juin, la sénatrice libérale Céline Hervieux-Payette a demandé au président du Sénat d’enquêter sur la source qui avait coulé les informations aux médias.

Même si elle ne faisait pas partie des 30 sénateurs visés par le vérificateur général dans le rapport, la sénatrice soutenait que le droit de ses collègues à la présomption d’innocence avait été violé.

Un comité du Sénat s’est réuni à deux reprises depuis pour parler des fuites du rapport, mais n’a pas pu récolter des preuves avant de suspendre ses activités pour l’été.

Le sénateur conservateur Vern White espère que Céline Hervieux-Payette déposera une nouvelle motion pour pouvoir identifier la source qui a coulé le rapport lorsque le Sénat reprendra ses activités.

Cet article initialement publié sur le Huffington Post Canada a été traduit de l’anglais par Catherine Lévesque.

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