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01/12/2015 09:37 EST | Actualisé 01/12/2016 00:12 EST

Le Kurdistan irakien a encaissé 3,29 mds USD en vente directe de pétrole

La région autonome du Kurdistan, dans le nord de l'Irak, a annoncé mardi avoir encaissé depuis juin plus de 3,29 milliards de dollars de recettes (3,1 mds d'euros) de ses ventes directes de pétrole, jugées illégales par le gouvernement fédéral.

Le pouvoir central à Bagdad insiste pour que toutes les ventes de pétrole passent par lui, mais le Kurdistan justifie ses exportations directes par le fait que le gouvernement fédéral ne lui verse pas le budget qui lui est dû.

Les deux camps font face à une importante crise financière en raison du prix bas du baril et de la coûteuse guerre contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui contrôle de vastes pans du territoire.

Le gouvernement du Kurdistan basé à Erbil indique dans un rapport avoir empoché en moyenne 682 millions de dollars (642 M EUR) par mois de recettes des ventes directes de pétrole de juin à novembre.

Il a indiqué avoir débuté ses exportations directes en juin parce que Bagdad lui "envoyait moins de 40% du budget auquel il avait droit".

Après un long différend sur les exportations pétrolières, Bagdad et le Kurdistan avaient conclu il y a un an un accord prévoyant qu'Erbil exporte 250.000 barils par jour et 300.000 autres de la région disputée de Kirkouk. En contrepartie, Bagdad devait débloquer la part dévolue au Kurdistan dans le budget national.

Un responsable du ministère du Pétrole a cependant affirmé que les exportations directes du Kurdistan avaient débuté bien avant juin. "Toute quantité (de pétrole) quittant l'Irak sans l'accord du gouvernement fédéral et du ministère du Pétrole est considérée comme de la contrebande", a-t-il dit, répétant la position officielle.

Le ministère du Pétrole a annoncé dans le même temps que le gouvernement fédéral avait exporté une moyenne de 3,36 millions de barils de pétrole par jour en novembre, un niveau qui n'avait pas été atteint depuis des décennies selon lui.

Mais l'augmentation de ces exportations, qui transitent via le sud du pays et non le Kurdistan, semble être au moins partiellement due aux réserves de pétrole non exportées en octobre en raison du mauvais temps dans le port de Bassora.

Bagdad n'est actuellement pas en position de force pour obliger Erbil à arrêter ses exportations, ses forces ayant beaucoup de mal à reprendre le terrain perdu face aux jihadistes, et les Kurdes, forts d'un soutien international, jouant un rôle clé dans la lutte anti-EI.

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