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01/12/2015 07:19 EST | Actualisé 01/12/2016 00:12 EST

Le Canada vers une dérive budgétaire avec moins de recettes

Le budget de l'Etat canadien, proche actuellement de l'équilibre, va se dégrader au cours des prochaines années avec des recettes fiscales moins élevées que prévu, a estimé mardi le directeur parlementaire du budget.

Là où le nouveau ministre des Finances Bill Morneau prévoyait, mi-novembre, un retour à l'équilibre budgétaire à la fin de la législature dans quatre ans, le directeur du budget (DPB), chargé de présenter au parlement canadien une analyse indépendante de l'état des finances du pays, prévoit plutôt une dérive.

"Le DPB prévoit des déficits de 4,6 milliards et de 4,2 milliards de dollars canadiens respectivement" (3,4 milliards et 3,1 milliards de dollars américains, NDLR) sur les exercices 2019/20 et 2020/21, quand "le gouvernement prévoit des excédents budgétaires de 1,7 milliard et de 6,6 milliards de dollars" canadiens.

Le ministère des Finances a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour établir ses budgets avec pour conséquence une baisse estimée à 1,1 milliard CAD par an des recettes fiscales.

Le directeur du budget ne prévoit pas sur les cinq prochaines années, comme le fait le ministère des Finances, des recettes plus élevées en raison de "l'éventualité d'une baisse du cours du pétrole ou d'une croissance mondiale plus faible que prévu".

Selon le DPB, les révisions du gouvernement canadien ont été cantonnées uniquement au "risque à la baisse des perspectives du secteur privé pour le cours du pétrole".

Il met en doute l'hypothèse d'une croissance du produit intérieur brut (PIB) retenue par le ministère des Finances. Ce dernier avait révisé le taux de croissance pour 2015 à 1,2% contre 2% dans l'hypothèse du budget déposé en avril.

"Nous estimons maintenant que la structure budgétaire actuelle entraînera un déficit en 2016/17 puis, pendant le reste de l'horizon prévisionnel, des déficits plus accentués que ce que nous prévoyions en avril", selon le DPB.

Le PIB a progressé au troisième trimestre à un rythme annuel de 2,3%, permettant au Canada de sortir de la récession provoquée par la chute des prix du pétrole.

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