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01/12/2015 02:52 EST | Actualisé 01/12/2016 00:12 EST

Financement du terrorisme: Paris souhaite une harmonisation du renseignement européen

Le ministre français des Finances Michel Sapin a appelé mardi dans une lettre à ses partenaires européens à une "harmonisation" des services de renseignement financiers de l'Union européenne (UE), afin de rendre la lutte contre le financement du terrorisme "plus efficace".

Ce courrier, envoyé "à Bruxelles et à tous nos partenaires", détaille "l'ensemble des mesures" proposées par la France pour "mettre le dispositif européen de lutte contre le financement du terrorisme à niveau", a expliqué M. Sapin à l'occasion de la journée anniversaire des 25 ans de Tracfin.

Ce service de renseignement financier, rattaché à Bercy, a vu ses pouvoirs renforcés après les attentats de janvier et de novembre. Mais selon Paris, des progrès sont encore possibles pour améliorer, au niveau européen, la surveillance des circuits financiers clandestins.

"Au-delà du bon fonctionnement au niveau national, l'efficacité de Tracfin passe aussi par une coopération fluide et totale avec ses homologues des autres pays européens", a souligné M. Sapin.

"Ces derniers doivent collectivement se mettre au niveau de la menace. Sinon, il restera toujours des trous dans le filet", a ajouté le ministre, qui a fait inscrire ce sujet à l'ordre du jour du conseil des ministres de l'Economie et des Finances de l'UE, prévu la semaine prochaine à Bruxelles.

Parmi les mesures proposées figurent la généralisation de l'accès pour les services de renseignement financiers à des fichiers bancaires centraux, et une harmonisation des règles régissant la demande et la transmission d'informations.

"Tracfin est efficace parce qu'elle a les moyens de demander et de communiquer les informations dont elle a besoin, sans intermédiaire et sans complications (...) Ce n'est pas encore le cas dans tous les pays", a souligné M. Sapin.

"Tracfin est efficace aussi parce qu'elle a accès à un fichier central de tous les comptes bancaires et de paiement. Là encore, ce n'est pas le cas dans tous les Etats membres", a-t-il ajouté.

Le ministre réitère par ailleurs dans son courrier sa demande d'un "dispositif européen d'exploitation" des données sur les transferts bancaires, pour améliorer l'accès des Européens aux données sur les transactions SWIFT.

Ce système, par lequel passent plus de 90% des transferts de fonds internationaux, est essentiellement contrôlé depuis les Etats-Unis, ce qui a donné lieu à plusieurs reprises à des frictions diplomatiques entre Washington et les Européens.

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