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01/12/2015 11:47 EST | Actualisé 01/12/2016 00:12 EST

Fin d'une saison des ouragans de tous les records

La saison des ouragans 2015 qui vient de s'achever a battu de nombreux records, témoin du fort impact du phénomène climatique El Niño, a indiqué mardi l'Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA).

L'ouragan le plus puissant jamais enregistré, le plus grand nombre d'ouragans de force majeure détectés dans le Pacifique depuis plus de 40 ans, trois ouragans soufflant simultanément sur cet océan pour la première fois... Les météorologues et services d'alerte n'ont pas chômé pendant la saison qui s'est achevée lundi.

Derrière ces records se cache le courant chaud du Pacifique El Niño, assurent les scientifiques.

"El Niño s'est intensifié pendant l'été et a eu un impact significatif sur la saison des ouragans pendant ses mois les plus forts", explique Gerry Bell, météorologue en charge du département des prévisions climatiques de la NOAA.

Ce phénomène climatique "provoque un effet balancier, modérant la saison dans l'Atlantique tandis qu'il la renforce dans l'est et le centre du Pacifique", précise ce dernier.

Du côté de l'Atlantique, l'activité est en effet restée relativement calme, conformément aux prévisions: entre juin et novembre, onze tempêtes assez puissantes pour être baptisées par les météorologues se sont formées, dont quatre sont devenues des ouragans. Deux ont atteint la catégorie "ouragan de force majeure" avec des vents dépassant les 175 km/h.

Ce bilan est inférieur à la moyenne enregistrée dans la région Atlantique, de 12 tempêtes et six ouragans, dont trois "majeurs". La plupart des ouragans apparus cette année ont en outre été "relativement faibles et de courte durée", souligne le Centre américain chargé de l'observation des ouragans, qui dépend de la NOAA.

Malgré une moindre activité générale, l'Atlantique a enregistré cette année plusieurs records, aux conséquences parfois tragiques.

L'ouragan Joaquin a été le premier de force 4 sur l'échelle Saffir-Simpson, qui compte cinq catégories, à frapper les Bahamas depuis 1866, selon la NOAA. Il a provoqué de nombreux dégâts matériels dans l'archipel et emporté par les fonds le cargo "El Faro", qui avait quitté les Etats-Unis pour Porto Rico avec 33 membres d'équipage à bord. Aucun survivant n'a été retrouvé.

L'ouragan Fred a lui été le premier à toucher l'archipel du Cap-Vert depuis 1892, en août.

Si elle n'a pas atteint la catégorie d'ouragan, la tempête Erika n'en a pas moins été dévastatrice, faisant plus d'une trentaine de morts sur la petite île de la Dominique en août.

Dans le Pacifique, l'activité enregistrée a elle largement dépassé la moyenne, avec 18 tempêtes, dont 13 devenues des ouragans et neuf de force majeure. Soit un bilan supérieur aux 15 tempêtes, dont huit ouragans et quatre majeurs, enregistré en moyenne.

C'est en outre la première fois qu'on détecte neuf ouragans de force majeure dans la région depuis le début des statistiques, en 1971, selon la NOAA.

Parmi eux, Patricia est devenue en octobre l'ouragan le plus puissant jamais enregistré sur la Terre, avec des vents à plus de 320 km/h seulement comparables à ceux du typhon Haiyan (315 km/h) qui a ravagé les Philippines en 2013, faisant plus de 7.000 morts et disparus.

Patricia a frappé le Mexique alors qu'elle était en catégorie 5, la plus puissante. Mais l'ouragan n'a provoqué que des dégâts matériels, sans provoquer de décès.

Ignacio, Kilo et Jimena ont eux décroché un autre titre après avoir mené une rare "danse" capturée par des images satellites spectaculaires: devenir fin août les trois premiers ouragans de force majeure à tourner en même temps sur le Pacifique.

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