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Début de la pêche au homard dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse

La pêche au homard débute lundi dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Peu avant l'aube, plus de 1500 bateaux attendaient au quai avant qu'ils puissent s'élancer en mer à 6 h.

Cette journée bien spéciale pour les 5000 pêcheurs de homard de la région est surnommée Dumping Day. Cette journée où chaque pêcheur jette ses casiers de homard à l'eau se déroule traditionnellement le dernier lundi de novembre.

« C'est le pire jour de la saison, raconte Hubert Saulnier, capitaine du Lindy Dawn et un vétéran de la pêche au homard qui compte 46 ans de service. L'hiver, c'est froid et rude, mais rien à comparé au Dumping Day », dit-il.

L'enjeu est important. C'est en quelque sorte une course de bateaux vers les meilleurs sites de pêche.

« Tout le monde a ses endroits favoris pour pêcher. C'est véritablement une course. Vous voulez être en mer le premier et jeter vos casiers à l'eau le plus vite possible pour revenir au quai et charger d'autres casiers à homard. »

Rouage de l'économie de la Nouvelle-Écosse

Les pêcheurs s'entendent pour dire que s'ils n'ont pas les bons sites de pêche, cela signifie des milliers de dollars en moins de revenus. Donc, pas question de rater sa chance lors de cette journée bien spéciale.

« Si vous manquez votre coup, que votre bateau tombe en panne, vous être dans le trouble. Ce n'est pas agréable d'être amarré au quai alors que les autres pêcheurs arrivent avec 5000 ou 6000 livres de homard », laisse tomber Hubert Saulnier.

La pêche au homard est divisée par secteurs en Atlantique. La saison de pêche dans le sud de la Nouvelle-Écosse, soit dans les zones 33 et 34, débute le dernier lundi de novembre et s'étire jusqu'au 31 mai.

Les zones 33 et 34 sont d'ailleurs considérées comme les plus lucratives au pays. La zone 34 compte à elle seule 23 % de tout le homard capturé en Amérique du Nord.

« C'est un événement important pour toutes les communautés de pêche et pour l'économie du pays. Tout le Canada bénéficie de cette pêche lucrative », affirme Mark Comley, responsable de la région Sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, pour Pêches et Océans Canada.

Des pertes de vie

La météo imprévisible et la compétition en mer pour les meilleurs sites de pêche font en sorte que le Dumping Day demeure une journée dangereuse pour tous les pêcheurs.

« Nous avons perdu des bateaux et quelques hommes », se désole Hubert Saulnier.

Mais les temps ont changé et la sécurité est maintenant à l'avant-scène du quotidien des pêcheurs. Avant de prendre le large, tout le moinde doit s'entendre que les conditions sont propices. D'ailleurs, le début de la pêche au homard a été retardé les deux dernières années.

La sécurité fait aussi partie du quotidien de la Garde-côtière canadienne, où deux bateaux patrouillent la région dès l'aube. La garde-côtière a aussi positionné trois bateaux de survie et a à sa disposition deux avions militaires de sauvetage en cas de besoin.

Hubert Saulnier dit que ces changements ne sont pas uniquement reliés à la sécurité. Les bateaux sont de plus en plus gros et pour ne pas traîner derrière, tous les pêcheurs ont amélioré leur flotte.

Il n'y a pas si longtemps, s'il faisait sombre et les vents soufflaient à plus de 40 km/h, les pêcheurs rentraient au port. Aujourd'hui, la pêche dure jour et nuit et souvent, dans de bien pires conditions météorologiques.

Le prix du homard sera déterminé en fonction des prises, mais Hubert Saulnier souhaite qu'il se détaille à 5 $ la livre.

« La chose principale, c'est que tout le monde rentre sain et sauf à la maison lundi soir, avec leurs casiers à l'eau. Prêts à reprendre la mer demain. »

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