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Conférence de Paris : la cible de deux degrés est prioritaire, selon deux experts québécois

Quoi qu'il arrive à Paris, la cible de deux degrés est prioritaire, selon deux experts québécois. Alors que s'ouvre aujourd'hui la 21e Conférence sur le climat de Paris, Alain Bourque du consortium Ouranos et Patrick Bonin de Greenpeace en réitère l'importance, que l'accord soit contraignant ou non.

La cible de deux degrés, principal objectif de la conférence de Paris, demeure une priorité nécessaire, selon le directeur général d'Ouranos, Alain Bourque en entrevue à Radio-Canada.

« Même si c'est un succès, un réchauffement de deux degrés va quand même avoir des impacts », soutient-il.

L'important, selon les experts, est de s'entendre sur une manière d'atteindre cette cible. « Il faut s'assurer de mettre en forme un mécanisme qui nous amène vers un maximum de deux degrés d'augmentation des températures », souligne Patrick Bonin, responsable Climat-Énergie pour Greenpeace Canada, en entrevue à Radio-Canada.

Pour Alain Bourque, dépasser les deux degrés d'augmentation est impensable. « Si on dépasse les deux degrés, les impacts seront beaucoup plus importants et même irréversibles. On peut penser notamment aux régions polaires », dit-il.

Selon lui, le Canada connaît déjà une « grande diversité d'impacts ». Par exemple, les régions côtières sont déjà menacées par la montée du niveau de l'eau et l'érosion des berges, ajoute-t-il.

Il fait remarquer que ces changements sont « moins perceptibles en milieu urbain », car les infrastructures les camouflent.

Un accord contraignant ou pas

Un accord contraignant signifie que des sanctions seront appliquées si un signataire ne respecte pas les cibles déterminées par un éventuel accord. Pour le moment cela n'a pas encore été déterminé.

Le président de la France, François Hollande, a déclaré en ouverture de la conférence qu'il souhaitait voir apparaître un accord contraignant au résultat de la conférence de Paris. Selon lui, « le plus grand danger » n'est « pas que le but fixé soit trop élevé et que nous le manquions », mais « qu'il soit trop bas et que nous l'atteignions. »

La ministre de l'Environnement du Canada, Catherine McKenna a déclaré en point de presse dimanche que : « L'accord sur le climat doit être contraignant, mais les objectifs des pays ne le seront pas. »

Du côté des États-Unis, le président Barack Obama a exprimé son souhait de ne pas voir l'émergence d'un accord contraignant de crainte qu'il soit refusé par les membres du congrès.

Pour Patrick Bonin, les craintes de Barack Obama sont justifiées: « Il faut comprendre que c'est légitime. Si l'accord est contraignant, il doit être ratifié par le congrès et risque de ne pas l'être. »

Il ajoute que, contraignant ou pas, là n'est pas le défi de la conférence de Paris. « On aimerait mieux que ce soit contraignant, mais on comprend les défis aux États-Unis, plaide-t-il. L'important c'est de sortir du pétrole et du charbon. C'est ça le défi du pays. »

Ce n'est pas le fait que l'accord soit contraignant ou pas qui va changer les choses selon Alain Bourque. « À la base, ce sont les politiques publiques et les décideurs qui choisiront ces moyens pour y arriver », explique-t-il.

L'importance du fonds de 100 milliards de dollars

Lors de la dernière conférence sur le climat, un fonds de 100 milliards de dollars avait été promis pour soutenir financièrement les pays en développement.

« Jusqu'à maintenant, la promesse du fonds de 100 milliards de dollars n'a pas été respectée », expose Patrick Bonin.

Selon Patrick Bonin, il est impensable d'atteindre d'éventuelles cibles sans ce fonds. « Il faut comprendre que les pays comme l'Inde qui ont des défis énormes en terme de pauvreté et à qui on demande de faire une transition rapide vers les énergies renouvelables sans financement, c'est impossible », soutient-il.

Il réitère l'importance d'assurer un financement à ces pays et aussi le fait de leur « donner plus de confiance ».

M. Bonin explique aussi que les pays qui se situent entre les deux doivent en faire davantage, telle la Chine.

Selon lui, la Chine doit assumer son rôle important dans l'augmentation des gaz à effet de serre, malgré son essor économique récent. Rappelons que c'est présentement le plus grand pollueur de la planète.

« On va avoir des impacts qui vont coûter de plus en plus cher », ajoute Patrick Bonin.

Vendredi dernier, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé un financement de 2,65 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années afin d'aider les pays en développement à atteindre leurs cibles respectives. Pour sa part, Barack Obama a aussi annoncé lundi un engagement financier supplémentaire.

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