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24/11/2015 08:00 EST | Actualisé 24/11/2016 00:12 EST

Un incident aux « conséquences graves », selon Vladimir Poutine

Le président Vladimir Poutine a déclaré que l'incident du chasseur-bombardier russe abattu par l'aviation turque aurait de « graves conséquences » sur les relations entre Moscou et Ankara. M. Poutine a qualifié l'incident de « coup de poignard dans le dos » de la Russie.

Le président russe a déploré le rôle d'Ankara dans le conflit syrien alléguant que d'importantes quantités de pétrole puisées en Syrie par les insurgés étaient écoulées par la Turquie.

Le chef de l'État turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé pour sa part la tenue d'une réunion de sécurité avec le premier ministre Ahmet Davutoglu de même que plusieurs ministres et hauts responsables turcs. Le chef des forces armées, le général Hulusi Akar, et le chef des services de renseignement, Hakan Fidan, participeront, notamment, à cette rencontre.

La Syrie dénonce une « agression flagrante »

De son côté, la Syrie a dénoncé une « agression flagrante » contre sa souveraineté. « Dans une agression flagrante contre la souveraineté syrienne, la partie turque a abattu ce matin un avion russe ami sur le territoire syrien, à son retour d'une mission de combat contre le groupe Daesh [acronyme arabe du groupe armé État islamique] », selon une source militaire citée par l'agence officielle Sana.

L'incident « démontre que le gouvernement turc se tient du côté du terrorisme et apporte son soutien aux groupes terroristes qui ont commencé à s'effondrer sous les coups de l'armée syrienne », a poursuivi la source militaire syrienne.

« Ces actes d'agression désespérés ne feront que renforcer notre détermination à poursuivre la guerre contre les organisations terroristes avec le soutien et l'aide des amis, avec la Russie à leur tête », a-t-elle ajouté.

Le régime syrien amalgame tous les rebelles, qui combattent le régime du président Bachar Al-Assad, aux djihadistes de l'EI comme étant des « terroristes ».

L'OTAN et l'Europe touchées

Les conséquences diplomatiques de l'incident aérien, survenu à la frontière entre la Syrie et la Turquie, commencent à se faire sentir. L'attaché militaire de l'ambassade de Turquie à Moscou a été convoqué au ministère russe de la Défense.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a, de son côté, annulé une visite qu'il devait effectuer en Turquie, mercredi. « Nous avons pris la décision d'annuler la rencontre prévue demain [mercredi] à Istanbul avec le ministre turc des Affaires étrangères », a déclaré M. Lavrov, selon des propos retransmis à la télévision, en invoquant la « menace terroriste croissante » en Turquie

Outre les deux pays directement concernés, les répercussions de l'incident à la frontière turco-syrienne a des conséquences sur les pays membres de l'OTAN, dont fait partie la Turquie. Cette dernière a saisi l'alliance militaire du dossier, qui a de son côté convoqué une « séance extraordinaire » cet après-midi.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a qualifié l'incident et sa suite de « moment dangereux ». Il appelle les deux partis à « garder la tête froide ».

« En ce moment dangereux après qu'un avion russe a été abattu, nous devons tous garder la tête froide et rester calmes », a déclaré M. Tusk sur son compte Twitter.