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24/11/2015 10:54 EST | Actualisé 24/11/2016 00:12 EST

"Nous sommes tous Français", lance Obama en français aux côtés de Hollande

Près de 15 ans après le fameux "Nous sommes tous Américains" proclamé par Paris en soutien aux Etats-Unis meurtris par le 11-Septembre 2001, Barack Obama a lancé en français "Nous sommes tous Français", en solidarité à l'allié frappé par le terrorisme.

Recevant mardi son homologue français François Hollande à la Maison Blanche, onze jours après les pires attentats jamais perpétrés en France, le 13 novembre à Paris et à Saint-Denis, le président Obama a affirmé que les Etats-Unis et la France étaient "unis" et "totalement solidaires" dans la lutte contre le terrorisme jihadiste.

"Nous aimons les Français" pour leur "état d'esprit", leur "culture" et leur "verve", a lancé M. Obama lors d'une conférence de presse commune, rappelant que Paris était traditionnellement le "plus ancien allié de l'Amérique", en allusion à la Révolution américaine de la fin du 18e siècle appuyée par des Français.

La France, s'est encore exclamé le président américain, "s'était tenue aux côtés" des Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001, le journal Le Monde titrant à l'époque "Nous sommes tous Américains". La formule avait touché Washington.

"Je n'oublie pas tous les messages que le peuple américain a adressés au cours de ces derniers jours au peuple français", a répondu le président Hollande, qui avait réservé pour Washington son premier déplacement à l'étranger depuis les attentats du 13 novembre.

"Le 11-Septembre, tous les Français étaient américains et après le 13 novembre, les Américains étaient français", a-t-il dit en écho aux propos du président Obama.

"Nous, Américains, nous aimons la France parce que nous sommes tournés vers les mêmes idéaux: tous les peuples méritent de vivre, d'être libres et heureux", a souligné le président des Etats-Unis, qui avait déjà reçu le président Hollande en visite d'Etat en février 2014 et s'était rendu aux célébrations du 70e anniversaire du Débarquement en Normandie en juin de la même année.

"Vous nous avez aidés à gagner notre indépendance, nous avons aidé les Français à se libérer du fascisme", a rappelé M. Obama, passant sous silence toutes les périodes de frictions depuis la Seconde guerre mondiale entre les deux alliés, notamment lors de l'invasion de l'Irak en 2003 à laquelle la France s'était fermement opposée.

Les deux gouvernements se sont encore accrochés à la fin de l'été 2013 lorsque le président Obama avait renoncé au dernier moment à frapper militairement le régime du président syrien Bachar al-Assad pour le recours à des armes chimiques contre son peuple.

La France, qui était prête à agir contre Damas, avait mis plusieurs mois à avaler la pilule et avait dit "regretter" la décision de Washington.

Onze jours après les attentats sanglants en France (130 morts et 350 blessés), MM. Obama et Hollande ont affiché leur unité dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), appelant la Russie à concentrer désormais ses efforts militaires en Syrie contre les jihadistes.

"Ce groupe terroriste barbare, l'EI ou Daech, et son idéologie, représentent une menace pour chacun d'entre nous. On ne peut pas le tolérer, on doit le détruire et nous devons le faire ensemble", a martelé M. Obama.

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