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24/11/2015 08:30 EST | Actualisé 24/11/2016 00:12 EST

Les libéraux favorables aux conclusions du rapport Charbonneau

Le gouvernement Couillard entend donner suite aux dizaines de recommandations de la commission Charbonneau et procédera à une « analyse exhaustive » du rapport de quelque 1700 pages.

« C'est une leçon. Quelque part, notre société s'est un peu endormie, son niveau de vigilance a baissé. On s'est assis sur le fait qu'on avait des lois qu'on trouvait plus avancées qu'ailleurs. Il y a nécessité d'un redressement qui a déjà été commencé et qui va se poursuivre », a dit le premier ministre Philippe Couillard lors d'une mêlée de presse à Québec, mardi, en réaction à la publication du rapport.

M. Couillard ne se dit pas surpris de l'ampleur des mesures que recommande la commission.

« Je l'espérais. Ce n'est pas parce qu'on a fait beaucoup de choses - par exemple faire passer la limite des contributions politiques de 3000 $ à 100 $ - que c'est fini. Il faut que le niveau de vigilance demeure élevé. On accueille avec plaisir qu'il y ait des recommandations en grand nombre. On va étudier le rapport avec beaucoup d'attention et donner suite le plus tôt possible », a-t-il ajouté.

En point de presse, le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a dit que la commission avait permis une « prise de conscience collective » concernant le financement des partis politiques au Québec et que des correctifs restaient à apporter.

Toutefois, il a insisté sur le fait que la présidente de la commission, France Charbonneau, n'établissait pas de lien direct entre le financement des partis politiques dans la période analysée et l'attribution de contrats publics dans l'industrie de la construction. Tout au plus, elle mentionne un lien « indirect », note-t-il.

M. Fournier a aussi réitéré à quelques reprises que le commissaire Renaud Lachance est en désaccord avec la présidente et qu'il n'est pas possible, selon lui, de conclure à un lien direct ou indirect entre ces contrats et le financement des partis politiques provinciaux.

Il note toutefois que les deux commissaires « s'entendent sur les recommandations pour éviter la vulnérabilité » des élus et titulaires de charges publiques.

Le ministre Fournier a rappelé que les règles avaient été modifiées depuis le début de la commission et que le financement des partis était désormais essentiellement « étatique », depuis que la limite des contributions aux partis était passée de 3000 $ à 100 $ par année.

Par ailleurs, M. Fournier affirme qu'il ne s'est jamais senti « vulnérable » à des pressions venant d'individus ou d'entreprises en lien avec du financement politique.

M. Fournier a précisé que malgré le fait que la contribution des particuliers au financement des partis était devenue marginale, les ministres du gouvernement Couillard devaient toujours recueillir 15 000 $ par année pour financer les activités du Parti libéral.

Il s'est félicité du changement, puisque dans le passé leur contribution avait été fixée à 100 000 $ par année.