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24/11/2015 02:06 EST | Actualisé 24/11/2016 00:12 EST

Le Pakistan s'apprête à exécuter son 300e condamné (Amnesty)

Le Pakistan, qui s'apprête à exécuter un homme paralysé, va sous peu franchir la barre des 300 exécutions en un an, ont déploré des défenseurs des droits de l'Homme.

Le pays "s'est fait une place dans la liste de la honte des pires exécuteurs de la planète", selon Amnesty International.

L'exécution d'Abdul Basit, un homme paraplégique, condamné pour meurtre en 2009, a déjà été retardée à plusieurs reprises en raisons d'interrogations sur la possibilité de pendre un homme incapable de se tenir debout.

Selon Amnesty, l'exécution a de nouveau été programmée pour mercredi.

Le Commission des droits de l'Homme du Pakistan a indiqué avoir écrit au Premier ministre Nawaz Sharif pour réclamer la suspension de l'exécution, ajoutant que les autorités pénitentiaires étaient toujours dans l'attente de consignes sur la mise en oeuvre de la sentence.

Amnesty a indiqué mardi avoir décompté 299 exécutions depuis la fin du moratoire sur la peine de mort en décembre 2014.

Le Pakistan a relancé les exécutions en réaction à un massacre perpétré par des insurgés talibans dans une école de Peshawar fin 2014, la pire attaque terroriste jamais subie par le pays.

Il n'y a pas de statistiques officielles. Le groupe de défense des droits de l'Homme Reprieve a indiqué de son côté à l'AFP que son décompte venait de dépasser les 300 mises à mort, tandis que d'autres organisations ont décompté moins de 260 exécutions.

"Même si les autorités suspendent l'exécution d'Abdul Basit, qui est paraplégique, le Pakistan continue à exécuter près d'une personne par jour", a souligné David Griffiths, responsable d'Amnesty pour l'Asie du Sud.

Islamabad a levé le moratoire sur la peine de mort en place depuis six ans, mais seuls les condamnés pour terrorisme étaient initialement concernés -- avant que la pendaison soit élargie à d'autres types de crimes en mars.

Les partisans estiment que les exécutions sont la seule manière de faire face au fléau de l'extrémisme, mais les critiques soulignent que le système judiciaire n'est ni équitable ni fiable.

Les chiffres d'Amnesty suggèrent que le Pakistan est en train de devenir l'un des pays au monde ayant le plus recours à la peine de mort.

En 2014, 607 personnes ont été mises à mort dans 22 pays, selon Amnesty -- un chiffre qui ne comprend pas la Chine, où le nombre d'exécutions reste un secret d'Etat.

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