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24/11/2015 06:43 EST | Actualisé 24/11/2016 00:12 EST

Inde : pas de remise en liberté dans l'immédiat pour une Française réclamée par le Chili

La Cour suprême indienne a refusé de remettre en liberté mardi une Française dont le Chili réclame l'extradition pour son implication présumée dans l'assassinat, en 1991, d'un sénateur proche du général Pinochet.

Marie-Emmanuelle Verhoeven, 56 ans, a été arrêtée en février, à la demande de la justice chilienne via Interpol, peu après son entrée dans le pays à la frontière indo-népalaise. La Française, originaire de Nantes (ouest), est depuis détenue à Delhi.

La justice du Chili, qui demande l'extradition de Marie-Emmanuelle Verhoeven, la soupçonne d'avoir participé à l'assassinat du sénateur de droite Jaime Guzman Errazuriz en avril 1991 par un groupe d'extrême gauche, le Frente Patriotico Manuel Rodriguez (FPMR).

Ses avocats demandaient sa libération immédiate, en attendant la décision finale, et proposaient pour cela de remettre son passeport à la justice. Ils ont soumis une lettre de l'Ambassade de France garantissant sa coopération avec la justice indienne.

Mais la Cour suprême a refusé d'accéder à cette demande de libération provisoire. L'affaire a été ajournée au 8 décembre.

"Cette femme française est accusée d'activité terroriste, de meurtre et de participation à un groupe subversif ayant tué un sénateur", a dit le juge T S Thakur. "Que peut faire le gouvernement français si elle fuit en dépit de sa garantie? Nous ne permettrons pas d'arrangement provisoire", a-t-il ajouté.

L'avocate de la Française, Ramni Taneja, a estimé auprès de l'AFP que "la Cour suprême a jugé important d'entendre dans leur intégralité les requêtes déposées Marie-Emmanuelle Verhoeven car celles-ci soulèvent d'importants débats légaux et internationaux". "Ils n'ont pas souhaité la libérer de façon provisoire malgré nos efforts", a-t-elle ajouté.

Le sénateur Jaime Guzman, également professeur de droit, avait été abattu alors qu'il sortait de l'Université catholique du Chili. Il était considéré comme un des principaux inspirateurs de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).

La justice indienne doit se prononcer sur la validité de la demande d'extradition du Chili. Elle doit dire si le traité d'extradition existant, qui date de 1897, alors que l'Inde était toujours une colonie britannique, est toujours valable.

"Le chef d'accusation de terrorisme, dont elle est accusée à tort, n'existe pas dans le traité d'extradition que le gouvernement indien entend appliquer", a estimé l'avocate de Mme Verhoeven.

La Française avait déjà été arrêtée en janvier 2014 à l'aéroport de Hambourg, en Allemagne, à la demande de la justice chilienne. Elle avait été libérée en juin 2014.

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