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24/11/2015 08:19 EST | Actualisé 24/11/2016 00:12 EST

Des portiques de sécurité pour le train Thalys à Lille (nord) et Paris avant Noël (ministre française)

Des portiques de sécurité seront installés "avant le 20 décembre" dans les gares de Paris et Lille (nord) pour contrôler les accès aux trains Thalys, a annoncé la ministre française de l'Ecologie et des Transports Ségolène Royal, prenant de court ses homologues européens.

Le gouvernement français a pris cette décision après les attaques jihadistes qui ont fait 130 morts le 13 novembre à Paris. Le train à grande vitesse Thalys, qui relie la France, la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne, avait été victime fin août d'un attentat déjoué grâce à l'intervention de passagers qui avait maîtrisé l'assaillant.

L'exécutif français a pris la décision d'"installer les portiques pour le Thalys", qui relie notamment la France, la Belgique et les Pays-Bas, "à Lille et à Paris avant le 20 décembre", a déclaré Ségolène Royal sur la radio France Inter.

La ministre a laissé entendre que cette mesure pourrait aussi être instaurée à Bruxelles, à Amsterdam et à Cologne (Allemagne)."Au besoin, on pose les portiques avec leur accord, et ensuite ils s'arrangent financièrement pour rembourser les choses", a-t-elle ensuite affirmé à l'AFP.

Selon son homologue belge Jacqueline Galant, qui s'est entretenue au téléphone avec elle après son annonce, Ségolène Royal "a reconnu qu'une telle disposition doit être concertée avec les différents pays et opérateurs ferroviaires nationaux concernés".

Les Pays-Bas ont indiqué qu'ils allaient "examiner" la proposition française. En Allemagne, le ministère des Transports n'a pas réagi mais un porte-parole a déclaré qu'il n'avait pas entendu parler de ce dossier jusqu'ici.

Pour renforcer la sécurité dans les gares "qui reçoivent des trains à dimension internationale", le gouvernement français étudie aussi "la possibilité de mettre en place des systèmes de billets nominatifs", comme cela existe déjà pour le transport aérien, a dit Ségolène Royal.

Des "barrages filtrants" seront aussi déployés dans les gares pour contrôler des voyageurs et leurs bagages, "en s'appuyant sur les moyens de la SNCF", la société nationale des chemins de fer français, a poursuivi la ministre française.

"Ces barrages filtrants sont très sécurisants pour les voyageurs", a argumenté la ministre, ajoutant : "Cela se fait d'ailleurs de façon très simple dans les salles de spectacles".

A terme, "l'idée" est que les quais des gares ne soient accessibles qu'aux seuls voyageurs, "mais il faut être pragmatique", a-t-elle dit, en promettant dans le même temps que ses décisions seront mises en application "très rapidement".

Dans des propositions remises récemment, le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, avait évoqué la possibilité que des personnels de la sécurité de la SNCF en civil mais armés soient déployés dans certains trains.

Cette proposition n'a toutefois pas été reprise dans les annonces faites ce mardi par la ministre de l'Ecologie. "Aujourd'hui c'est l'armée qui patrouille" dans les gares dans le cadre du plan Sentinelle, a simplement affirmé Mme Royal.

Jusqu'à présent, la France n'utilise des portiques pour les trains que pour l'Eurostar qui relie Paris à Londres.

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