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24/11/2015 01:43 EST | Actualisé 24/11/2016 00:12 EST

Crimée: plus de 900.000 habitants toujours dans le noir après le sabotage de lignes électriques

Plus de 900.000 habitants de Crimée, péninsule ukrainienne annexée par la Russie en mars 2014, restaient sans électricité mardi, deux jours après le sabotage de lignes à haute tension à l'origine de nouvelles tensions entre Moscou et Kiev.

L'Ukraine a déjà fait part de son intention de cesser toute livraison de marchandises vers la Crimée et n'a pas effectué, selon Moscou, le paiement pour importer du gaz au-delà de mardi ou mercredi au risque d'une nouvelle coupure des approvisionnements.

Selon le ministère russe de l'Energie, 938.000 habitants de Crimée sont toujours plongés dans le noir, la Russie ayant envoyé 300 générateurs mobiles pour tenter de résoudre la situation.

Des explosions ont détruit dans la nuit de samedi à dimanche deux lignes à haute tension situés sur le territoire ukrainien et alimentant en électricité la Crimée, grandement dépendante de l'Ukraine pour ses besoins vitaux.

Les autorités de Crimée ont instauré l'Etat d'urgence après ces explosions et accusé l'Ukraine d'en être à l'origine. Kiev, pour sa part, a assuré ne pas connaître les responsables, indiquant que l'enquête était "en cours".

Mardi, le ministre russe de l'Energie Alexandre Novak a accusé l'Ukraine de n'avoir pas pris les mesures nécessaires pour réparer les lignes abattues.

"Non seulement la Crimée, mais toute la région de Kherson (en Ukraine) souffre, l'industrie de l'énergie ukrainienne souffre", a déclaré M. Novak à la radio russe.

Alexandre Novak et le ministre russe des Situations d'urgence, Vladimir Pouchkov, doivent se rendre en Crimée mardi.

Le ministre russe de l'Energie a par ailleurs indiqué que les livraisons de gaz russe à l'Ukraine pourraient cesser mardi ou mercredi, faute du prépaiement prévu par l'accord en vigueur entre les deux pays. Il a aussi laissé entendre que la Russie pourrait aussi arrêter ses livraisons de charbon.

Cette nouvelle crise entre Moscou et Kiev a été accentuée par la décision de l'Ukraine de suspendre ses livraisons de marchandises vers la Crimée.

Le président ukrainien Petro Porochenko a demandé lundi au gouvernement de créer un groupe de travail afin de stopper "les livraisons de marchandises et tous les échanges commerciaux" avec la Crimée.

Le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a laissé entendre que cette décision était une réponse à la menace formulée par la Russie d'imposer un embargo sur les marchandises ukrainiennes à partir de 2016, date à laquelle sera lancée la zone de libre-échange entre l'Ukraine et l'Union européenne.

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