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23/11/2015 22:12 EST | Actualisé 23/11/2016 00:12 EST

Chine: la journaliste Gao Yu, 71 ans, fait appel de sa condamnation à sept ans de prison

La journaliste chinoise emprisonnée Gao Yu, 71 ans, récompensée par plusieurs prix internationaux, a fait appel mardi de sa condamnation à sept ans de prison pour "divulgation de secrets d'Etat" --un verdict vivement dénoncé par les organisations de défense des droits de l'Homme.

Plusieurs dizaines de policiers bloquaient mardi l'accès au Tribunal populaire supérieur de Pékin, où Mme Gao comparaissait, interdisant aux journalistes et à une douzaine de diplomates étrangers de s'en approcher.

L'audience, qui a duré environ une heure, s'est déroulée "à huis clos", a indiqué à l'AFP son avocat Mo Shaoping, qui ne s'attendait pas voir le tribunal réduire la lourde peine infligée à la journaliste.

Gao Yu, première lauréate en 1997 du Prix mondial de la liberté de la presse de l'Unesco, avait été arrêtée en avril 2014, et avait été reconnue coupable au printemps dernier "d'avoir transmis des secrets d'Etat à des étrangers".

Elle avait été accusée d'avoir transmis à un média hongkongais un document interne du Parti communiste chinois. Ce dernier prônait une répression accrue des idées démocratiques, des voix dissonantes surgies de la société civile et des tentatives d'indépendance des médias. Il mettait en garde également contre tout bilan critique de l'histoire du régime.

Gao Yu avait clamé son innocence, et sa condamnation avait suscité de vives critiques de la part des pays occidentaux et d'ONG de défense de la liberté d'expression. Les Etats-Unis avaient appelé à sa libération immédiate.

De santé fragile, la septuagénaire a souffert de problèmes cardiaques depuis le début de son incarcération, mais semble aujourd'hui "raisonnablement en forme", a souligné M. Mo.

Depuis l'arrivée à la tête de l'Etat-Parti chinois il y a près de trois ans du président Xi Jinping, Pékin a nettement durci la répression des voix critiques du pouvoir, avec l'arrestation de centaines d'avocats, militants et universitaires --dont des dizaines ont été condamnés à des peines de prison.

En 1993 Gao Yu, déjà inculpée pour divulgation de "secrets d'Etat", avait écopé de six ans de prison. Libérée en février 1999 pour "raisons médicales", elle avait pris part aux manifestations prodémocratiques de Tiananmen en 1989, conduisant à une première incarcération.

Les autorités chinoises maintiennent un contrôle très strict des médias et du travail des journalistes, qui s'est encore intensifié ces dernières années.

Dans le classement mondial de la liberté de la presse en 2015 établi par l'ONG Reporters sans Frontières (RSF), la Chine figure au 176e rang sur 180 pays.

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