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24/11/2015 13:19 EST | Actualisé 24/11/2016 00:12 EST

Bombardier prévoit une année 2016 difficile mais un redressement d'ici 2020

MONTRÉAL — Bombardier a averti mardi que l'année 2016 risquait d'être difficile pour le géant du transport, qui s'attend toutefois à ce que la transformation qu'il a entreprise, et les mesures de réductions de coûts qu'elle a entraînées, lui permettent de compléter son redressement financier d'ici 2020.

«Malgré les difficultés à court terme, le potentiel pour Bombardier est très grand et nous sommes en train de redresser la société», a affirmé mardi le chef de la direction, Alain Bellemare, lors du dévoilement d'un plan stratégique quinquennal.

Fort d'un nouveau financement public de 2,5 milliards $ US de la part du gouvernement du Québec et de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Bombardier s'attend à avoir assez de liquidités — environ 6,5 milliards $ US — pour livrer son avion commercial de la CSeries et compléter le développement de son nouveau jet d'affaires Global 7000. Les deux programmes devraient raffermir les revenus d'ensemble de la société.

Même si 2016 sera une année de «transition», un effort particulier sera entrepris pour faire croître les bénéfices et générer de meilleurs flux de trésorerie.

«Nous avons de très bonnes données fondamentales et un espace significatif pour l'amélioration», a déclaré M. Bellemare à des analystes institutionnels au cours d'une conférence de quatre heures et demie retransmise sur le Web depuis New York.

Bombardier (TSX:BBD.B) s'attend à ce que ses revenus d'ensemble progressent d'entre cinq et six pour cent par année, afin d'atteindre 25 milliards $ US d'ici 2020. Ses marges bénéficiaires devraient pour leur part plus que doubler pour se chiffrer entre sept et huit pour cent, selon ses prévisions.

La société s'attend à réaliser des économies de centaines de millions de dollars en tirant profit de sa taille pour centraliser ses activités d'approvisionnement, en réduisant son nombre fournisseurs et en transférant le traitement de certains projets aéronautiques plus complexes à ses installations du Mexique et du Maroc.

«Nous pouvons réaliser ce plan et il ne dépend pas des commandes à court terme», a expliqué le directeur financier, John Di Bert.

Selon le président de la division des avions commerciaux, Fred Cromer, la direction de Bombardier reste convaincue que les appareils de la CSeries finiront par être populaires et qu'ils attireront de nouvelles commandes parce qu'ils sont les seuls avions à fuselage étroit qui ont tenu leurs promesses de faibles coûts d'exploitation, de longue portée et de faible bruit dans les 30 dernières années.

Le programme de la CSeries n'a cumulé que 243 commandes fermes jusqu'à maintenant, mais quelques dates sont toujours disponibles dans ses premières années de livraison. La production devrait en outre s'accélérer pour permettre de livrer plus de 100 avions par année en 2020, a précisé M. Cromer.

Selon lui, de nouvelles commandes sont nécessaires, mais Bombardier se montre très sélective pour ce qui est des lignes aériennes qu'elle courtise. «Nous cherchons des transporteurs aériens qui représenteraient vraiment un sceau d'approbation pour le programme et qui lui donneraient une nouvelle énergie aux yeux des autres clients sur le marché», a-t-il dit.

Selon M. Cromer, la contribution d'un milliard $ US du gouvernement du Québec pour une participation de 49,5 pour cent dans le programme de la CSeries est rassurante pour les clients potentiels qui pourraient s'être inquiétés de la capacité financière de Bombardier à livrer les avions au marché.

«Je crois que la communauté de l'aviation réalise maintenant que ce programme s'en vient et que ces avions vont se rendre au marché, particulièrement maintenant que nous avons un solide partenaire en Québec», a-t-il ajouté.

Le gouvernement fédéral étudie aussi une demande de financement de l'avionneur.

Lutz Bertling, le président de la division ferroviaire de l'entreprise Bombardier Transport, a pour sa part indiqué que son secteur réaliserait des gains d'efficacité en travaillant avec un plus petit nombre de fournisseurs et en augmentant la standardisation de son offre, ainsi qu'en diminuant avec le temps les projets à plus faibles marges.

Selon M. Bertling, Bombardier Transport se montre plus sélective pour les projets sur lesquels elle mise, mais elle croit qu'elle peut surpasser sa rivale chinoise CTTC Corp. en insistant auprès des clients sur le coût du cycle de vie d'un projet plutôt que sur le prix initial d'une commande.

L'action de Bombardier a reculé mardi de 6 cents, soit 4,8 pour cent, à la Bourse de Toronto, où elle a clôturé à 1,18 $.