POLITIQUE
22/11/2015 07:39 EST | Actualisé 22/11/2015 11:28 EST

Chantier Davie : Irving Shipbuilding devrait se mêler de ses affaires, selon le responsable du projet Resolve

Courtoisie

OTTAWA – Irving Shipbuilding devrait s’affairer à mener ses propres projets à terme au lieu de se mêler des contrats de la Davie, selon le PDG du projet Resolve.

À la veille d’une rencontre qui réunira tous les premiers ministres provinciaux, Spencer Fraser lance un ultime appel pour que le gouvernement signe le contrat de 700 millions de dollars avant la fin du mois de novembre – sans quoi les libéraux devront verser une pénalité de 89 millions de dollars.

« Voilà une compagnie qui est totalement inondée de travail et qui a de la difficulté à gérer ce qu’ils ont déjà. Ils ont tellement de travail qu’ils ont décidé de faire construire leurs propres navires en Roumanie l’année dernière. Et maintenant, soudainement ils auraient une capacité inutilisée? » questionne Spencer Fraser.

« Je suis convaincu qu’ils vont réaliser que leurs efforts sont mieux investis s’ils se concentrent à construire des navires et non à s’ingérer dans les contrats des autres compagnies. »

Dans une lettre du 17 novembre, Irving a demandé à quatre ministres - dont Scott Brison, député Kings-Hants, en Nouvelle-Écosse – d’accorder un délai supplémentaire afin de réévaluer leur soumission.

Selon Steven Blaney, député de Lévis-Bellechasse, les propositions ont déjà fait l’objet d’une « analyse rigoureuse et indépendante » et il n’y a pas lieu de réévaluer le projet du chantier Davie.

« Il serait déplorable, regrettable et complètement inadmissible que des combines et des magouilles politiques viennent interférer dans un processus rigoureux au détriment d’un besoin urgent de la Marine royale canadienne », critique le conservateur.

« Le gouvernement libéral n’a qu’une chose à faire, c’est de prendre un crayon, signer le contrat et démontrer qu’ils respectent leur engagement d’avoir un processus clair, transparent, équitable et dans le meilleur intérêt des contribuables », poursuit Steven Blaney.

Ses collègues des autres partis d’opposition à Ottawa ont voulu envoyer un message semblable au gouvernement de Justin Trudeau, vendredi.

« S’il n’y avait pas eu d’intervention de la part d’Irving, est-ce qu’on aurait eu droit à la même chose? On espère que le gouvernement va prendre sa propre décision et non suivre les rapports d’influence qu’il peut y avoir », a signalé Marilène Gill, députée bloquiste de Manicouagan.

Pour sa part, le lieutenant québécois du NPD, Alexandre Boulerice, a dit qu’Irving faisait preuve « d’acharnement » envers le projet de reconversion de navire du chantier Davie.

Le premier ministre québécois Philippe Couillard rencontrera ses homologues des autres provinces lundi afin de discuter de la Conférence de Paris sur les changements climatiques.

Son bureau n’a pas voulu confirmer si un entretien était prévu avec le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Steven McNeil, afin de discuter des tensions qu’occasionne la tentative d’influence d’Irving.

En conférence de presse, vendredi, Couillard avait dit que le projet à Lévis devait aller de l’avant tel que prévu et dans les plus brefs délais, puisque des centaines d’emplois sont en jeu dans la région.

Project Resolve, une filiale de l’entreprise qui possède aussi Davie Canada, a fait l’acquisition du porte-conteneurs Astérix en août dernier et devrait compléter les travaux à l’été 2017.

Il est prévu que le navire commercial soit reconverti afin de soutenir les missions d’aide humanitaire. Les retombées économiques seraient de plus d’un milliard de dollars au pays.

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