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21/11/2015 06:00 EST | Actualisé 21/11/2016 00:12 EST

Peu de longs métrages acadiens au FICFA, et pour cause

Le faible nombre de moyens ou longs métrages acadiens présentés au Festival international du cinéma francophone en Acadie (FICFA) 2015 déçoit la président du jury, mais les gagnants rappellent que leur industrie manque de moyens.

LE FICFA a décerné ses prix La Vague, vendredi soir, à Moncton. Lors de la remise des prix, la présidente du jury pour les moyens et longs métrages, Maryse Chapdeleine a exprimé de la déception, car seulement trois films acadiens avaient été soumis au FICFA dans cette catégorie. En 2010, le jury n'avait couronné aucune production acadienne, mais celui de 2015 a tenu à décerner les prix malgré le faible nombre d'oeuvres en compétition.

« Cinq ans plus tard, on se rend compte dans le fond que ce genre d'attitude n'aide pas. Ce n'est pas comme ça qu'on va aller de l'avant ici. C'était important en même temps de souligner le travail de Pat Gauvin [...]. Donc, pour nous, ça allait de soi qu'on était quand même pour donner un prix cette année », explique Mme Chapdeleine.

Le prix La vague Léonard-Forest pour la meilleure oeuvre acadienne a été remis à Pat Gauvin pour son film télévisuel Le Sprint au flétan. M. Gauvin rappelle que les cinéastes en Acadie ont généralement peu de moyens pour produire leurs oeuvres.

« Je suis quand même d'accord avec Maryse de dire qu'on ne fait pas assez de cinéma, mais aussi il faut comprendre qu'on n'a pas les structures pour aller faire du long métrage, affirme Pat Gauvin. Si on veut monter une industrie forte, il faut des programmes en place comme il y en a ailleurs, qu'on puisse financer des films, avoir des distributeurs, des façons de faire des projets et qu'on ne devienne pas des bénévoles. »

Le prix de la meilleure œuvre acadienne court métrage a été remis à Francine Hébert pour son film Cafétéria. Mme Hébert est d'accord avec Mme Chapdeleine, et elle souligne aussi les difficultés des cinéastes.

« C'est sûr et certain que ça fait réfléchir. Ça fait réfléchir à ce que c'est un film. Est-ce qu'on peut simplement mettre plusieurs images ensemble et se dire cinéaste ou est-ce que c'est tout un autre processus? Ça fait penser aux défis financiers auxquels fait face l'industrie du film et de la cinématographie ici en Acadie. Ça peint un portrait un peu sombre, mais en même temps c'est quand même important de reconnaître nos cinéastes, nos réalisateurs », estime Francine Hébert.

Un texte de Pierre Philippe LeBlanc