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21/11/2015 00:56 EST | Actualisé 21/11/2016 00:12 EST

Paris, capitale culturelle, accuse le coup après les attentats

Théâtre, cinéma, concerts... l'attentat jihadiste qui a visé il y a une semaine le Bataclan, salle mythique en bois avec ses colonnes, n'a pas totalement vidé les salles de spectacles mais le secteur accuse le coup à Paris, capitale culturelle.

Les ventes de billets de concerts de musique actuelle et variétés ont chuté d'environ 80% depuis les attentats, par rapport aux chiffres habituellement constatés à cette période de l'année, selon le Prodiss, syndicat des producteurs, diffuseurs et salles de spectacles.

"Il y a une baisse" sur les achats de billets, confirme un producteur de concerts rock. La désaffection est loin d'être totale, les Français, crâneurs, ayant voulu montrer au monde qu'ils ne se laisseraient pas intimider par les jihadistes.

Plusieurs concerts ont ainsi fait le plein, comme Simply Red au Zénith ou la comédie musicale "Résiste" au Palais des sports.

Dans le cinéma, plus de 2,2 millions de spectateurs sont allés voir "007 Spectre", qui réussit le meilleur score pour un James Bond en France.

Dans le théâtre privé, la fréquentation a chuté de 35 à 40% dans les premiers jours. Même des pièces à succès comme "Le Mensonge" avec Pierre Arditi au théâtre Edouard VII et "Fleur de Cactus" avec Catherine Frot au Théâtre Antoine ont vu la salle se vider de plus du tiers.

"Les gens ont envie de sortir, s'il n'y a pas d'autre attentat, la courbe va remonter" d'ici une quinzaine de jours, estime Bernard Murat, directeur du théâtre Edouard VII et patron du syndicat des théâtres privés.

Côté jeunesse, les théâtres subissent le même contre-coup, notamment parce que des restrictions ont été décidées dans l'éducation aux sorties scolaires.

Comme il l'avait déjà fait en janvier, lors des attentats contre Charlie Hebdo, des policiers et un magasin casher, le directeur du Théâtre de la Ville, Emmanuel Demarcy Mota travaille d'arrache-pied à adapter les pièces pour les faire voyager dans les écoles.

Partout, la sécurité a été renforcée et les contrôles sont devenus drastiques.

"L'enjeu, c'est clairement de redonner confiance au public pour qu'il puisse revenir aux concerts avec plaisir, en toute sécurité", souligne le Prodiss.

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