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21/11/2015 02:09 EST | Actualisé 21/11/2015 02:10 EST

Attentats de Paris: la traque de Salah Abdeslam se poursuit

Combien de kamikazes des attentats de Paris ont profité du flux de migrants syriens pour regagner la France? La question taraude les enquêteurs toujours à la recherche de Salah Abdeslam et d'éventuels complices.

Pendant que la police scientifique procède à des centaines d'investigations, les interpellations se poursuivent et un Belge a été arrêté en Turquie.

Où est Salah Abdeslam?

Depuis qu'Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attentats, a été tué lors de l'assaut policier de mercredi à Saint-Denis, dans la banlieue nord de Paris, Salah Abdeslam concentre toute l'attention des services antiterroristes. Le Français né à Bruxelles, frère cadet de Brahim qui s'est fait exploser dans un restaurant parisien, reste introuvable depuis que deux complices venus de Belgique sont sans doute venus l'exfiltrer au lendemain des attaques. 

Seule certitude: un homme présentant des papiers d'identité à son nom a été contrôlé le 14 novembre dans une voiture à Cambrai, dans le nord de la France. A-t-il gagné la Belgique? Est-il resté en France? L'appel à témoins diffusé le 15 novembre par la police n'a pour l'instant officiellement rien donné.

Quel a été son rôle? Il a loué plusieurs voitures et a réservé des chambres d'hôtel utilisées par les assaillants. Hormis ce soutien logistique, a-t-il pris directement part aux attaques? Faisait-il parti du "commando des terrasses" ou a-t-il convoyé les kamikazes du Stade de France? Devait-il mener une autre attaque dans le XVIIIe arrondissement de Paris, évoquée par le groupe jihadiste Etat islamique dans son message de revendication et qui n'a pas eu lieu?

Avant son exfiltration, "il était extrêmement énervé et peut-être (...) prêt à se faire sauter", selon l'avocate d'Hamza Attou, l'un des deux hommes soupçonnés de l'avoir aidé à quitter Paris, avant de s'interroger: "N'a-t-il pas eu le courage de le faire?"

Combien de kamikazes se sont mêlés aux migrants syriens? Comment Abdelhamid Abaaoud, condamné pour terrorisme en Belgique, visé par un mandat d'arrêt international et connu des services comme le loup blanc, a pu, depuis la Syrie, traverser plusieurs frontières avant d'entrer en France? Quelles routes ont emprunté sans attirer l'attention les assaillants venus des terres syriennes de jihad?

L'enquête a révélé qu'au moins deux des kamikazes, qui se sont fait exploser près du Stade de France et dont l'identité précise n'a pas été communiquée, ont suivi le chemin des migrants pour venir en Europe: tous deux ont été contrôlés le 3 octobre en Grèce en passant avec des réfugiés fuyant la guerre en Syrie.

Le troisième kamikaze du Stade de France, Bilal Hadfi, et deux du Bataclan, Samy Amimour et Omar Ismaïl Mostefaï, sont allés en Syrie. De forts soupçons pèsent sur les frères Abdelsam. Se sont-ils eux aussi mélangés au flux des migrants pour regagner le sol européen?

La traque d'éventuels complices se poursuit

Qui est l'artificier des ceintures explosives? Où les fusils d'assaut de type kalachnikov ont-ils été achetés?

Les interpellations se poursuivent. Un Belge d'origine marocaine - Ahmad Dahmani, 26 ans - soupçonné selon des médias turcs d'avoir participé au repérage des cibles des attentats, a été arrêté dans le sud de la Turquie avec deux Syriens avec lesquels il se préparait à franchir illégalement la frontière syrienne.

En Belgique, trois personnes ont été inculpées pour terrorisme: Mohamed Amri, 27 ans, Hamza Attou, 20 ans, soupçonnés d'avoir exfiltrés Salah Abdeslam, et un troisième homme dont l'identité n'a pas été rendue publique. Des armes ont été retrouvées au domicile de ce dernier.

Jawad Bendaoud, qui a fourni l'appartement de Saint-Denis à Abdelhamid Abaaoud, est en garde à vue depuis mercredi. Il avait expliqué à l'AFP peu avant son interpellation avoir simplement voulu "rendre service" à deux personnes "qui venaient de Belgique".

Quel a été le rôle d'Hasna Aitboulahcen, tuée comme son cousin Abaaoud dans l'assaut de Saint-Denis? Elle aurait au moins négocié la planque de Saint-Denis, et ainsi conduit, malgré elle, les enquêteurs jusqu'à Abaaoud. Le troisième homme mort en kamikaze dans cet appartement a-t-il participé directement aux attentats?

Les expertises se poursuivent tous azimuts. L'Institut national de police scientifique (INPS), qui assure le travail d'analyse en laboratoires, a d'ores et déjà traité en une semaine près de 2 000 prélèvements, soit le nombre atteint dans l'enquête sur les attentats de janvier (17 morts).

Le kamikaze de l'appartement de Saint-Denis pas connu de la police française

Le kamikaze qui s'est fait exploser dans l'appartement de Saint-Denis, aux portes de Paris, visé mercredi par un assaut policier après les attentats du 13 novembre n'est pas un homme connu de la police française, a affirmé samedi une source policière.

Les enquêteurs ont réussi à isoler son ADN grâce à des fragments du corps retrouvés dans les décombres de cet appartement, selon cette source qui confirme une information de la chaîne iTÉLÉ.

Mais cela n'a pas encore permis d'identifier le kamikaze: son ADN ne correspond à celui d'aucune personne déjà condamnée ou mise en cause par la police en France, après comparaison avec le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg).

Par ailleurs, les enquêteurs n'ont pas encore pu établir si cet homme était passé par la Grèce parmi les réfugiés fuyant la guerre en Syrie, comme c'est le cas pour deux kamikazes du Stade de France, contrôlés début octobre sur l'île grecque de Leros.

Quand il s'est fait sauter dans l'appartement de Saint-Denis en plein assaut du Raid, il était retranché avec un organisateur présumé des attentats qui ont fait 130 morts à Paris, le jihadiste belgo-marocain Abdelhamid Abaaoud, et avec une cousine de ce dernier, Hasna Aitboulahcen. Abbaoud et sa cousine sont morts dans l'assaut.

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