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21/11/2015 06:13 EST | Actualisé 21/11/2016 00:12 EST

Kenya: une ministre démissionne pour raisons de santé alors que le gouvernement poursuit sa campagne anti-corruption

La ministre kényane de la Décentralisation et de la Planification Ann Waiguru a démissionné samedi pour raisons de santé, alors que le gouvernement poursuit sa campagne anti-corruption au sein de la fonction publique du Kenya.

Cette démission survient dans un contexte tendu, après qu'une enquête parlementaire au ministère de la Décentralisation, où les fonctionnaires sont soupçonnés de gonfler démesurément leurs dépenses, eut révélé entre autres l'achat d'un simple stylo pour la somme de 85 dollars (79 euros).

Ann Waiguru, qui nie toute malversation, a déclaré dans un communiqué samedi qu'elle démissionnait pour des raisons de santé, tout en avouant que des "erreurs" avaient été commises dans son ministère.

"Je serai la première à admettre que des erreurs ont été commises, certains responsables ont... abusé du pouvoir et de la confiance qui leur sont accordés", a affirmé Mme Waiguru, qui avait pris ses fonctions en mai 2013, dans ce communiqué.

La semaine dernière, les principaux bailleurs de fonds du Kenya ont sévèrement dénoncé le niveau de corruption dans ce pays d'Afrique de l'Est, estimant qu'il mettait en danger sa croissance économique et sa sécurité, et menaçant de prendre des mesures d'"interdiction de voyages".

Dans une rare démarche commune, une dizaine d'ambassadeurs des principaux pays contributeurs - dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l'Union européenne, la France, l'Allemagne et le Japon - ont déclaré que la corruption "compromet l'avenir du Kenya".

Le président Uhuru Kenyatta a estimé vendredi que la semaine avait été "importante pour la lutte contre la corruption" au Kenya.

"Cette semaine seulement, 72 personnes, dont un secrétaire principal et dix directeurs généraux, ont été traduits en justice pour des infractions liées à la corruption", a déclaré la présidence dans un communiqué.

"Cela porte à un total de 352 le nombre de personnalités de premier plan traduites en justice pour corruption ou d'abus de pouvoir dans les six derniers mois seulement," précise ce communiqué.

Dans l'Indice de perception de la corruption 2014 de l'ONG Transparency International, le Kenya est classé 145e sur 174 pays.

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