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21/11/2015 06:54 EST | Actualisé 21/11/2016 00:12 EST

Attentats: la société française touchée, à Paris mais aussi en province

Les pires attentats commis en France ont profondément bouleversé la vie à Paris, mais le reste du pays n'est pas en reste: émotion, solidarité et mobilisation s'expriment un peu partout en province et jusque dans les territoires d'outremer.

Dans le sud-ouest, plus de 12.000 personnes ont marché samedi à Toulouse "pour les libertés, la paix, contre la barbarie", après 10.000 quatre jours plus tôt.

Tout au long de la semaine, des manifestations similaires ont rassemblé dans l'est 5.000 personnes à Strasbourg, dans l'ouest 5.000 aussi à Saint-Brieuc et 3.000 à Dinan sur un total de 10.000 habitants... La mobilisation a même touché des villages comme Saint-Pierre-Eglise (nord) où 600 personnes sur les 1.700 habitants, se sont recueillies. Besoin de parler, besoin d'être ensemble ?

L'onde de choc s'est étendue jusqu'à Tahiti dans le Pacifique. Plusieurs dizaines de milliers de fleurs polynésiennes ont été déposées en début de semaine autour du monument aux morts de Papeete en hommage aux 130 morts et quelque 350 blessés des attentats de Paris.

Samedi, après avoir fait cette semaine le tour des bistrots dans plusieurs villes de province, le quotidien Libération a constaté que les Français se prennent le pouls tous les matins. "Au bureau, au café, dans le voisinage, les gestes se font plus attentionnés que d'habitude. On se prend les mains. On se serre dans les bras", décrit le journal.

Comme Place de la République à Paris, lieu vers lequel avait déjà convergé après les attentats de janvier (17 morts) des anonymes pour ici un recueillement, là un dépôt de gerbes ou de bougies, hommes, femmes, enfants se sont retrouvés autour d'autels improvisés faits aussi de bougies, de fleurs, de petits mots, de drapeaux tricolores ou de dessins d'enfants...

- 'Beaucoup d'amour...' -

Parmi les manifestations, plusieurs centaines de lycéens du Mans ou de Chartres dans le centre-ouest ont parcouru les rues de leurs villes. "Il va falloir beaucoup d'amour", clamait en lettres roses une feuille brandie par une jeune femme.

Autre témoignage remarqué: dans le sud de la France, des supporters "ultras" du club de football de l'Olympique de Marseille ont déployé une banderole "Nous sommes Paris", ô combien symbolique pour qui connaît la rivalité entre les deux villes.

La Marseillaise devait retentir ce week-end dans les stades avant tous les matches du championnat de Ligue 1.

Au fil de la semaine, les restaurants et bars ont retrouvé des clients. Pour les grands centres commerciaux, c'est plus difficile et le commerce de proximité qui avait décliné face à leur concurrence depuis plus de deux décennies dans les villes françaises revient à la mode.

Les grands magasins sont souvent évoqués en France comme des cibles potentielles d'attentats. Leur désaffection pourrait être liée à des craintes en matière de sécurité.

Comme à Paris, les grandes villes de province ont connu une baisse sensible de fréquentation dans les transports en commun, les usagers préférant avoir recours au covoiturage ou à la voiture particulière.

En janvier, la population française avait renoué de manière spectaculaire avec les forces de l'ordre, touchées directement par les attentats et qui avaient réussi à abattre les assaillants jihadistes sans dommages collatéraux.

En novembre, le lien s'est à nouveau ressoudé. Certains policiers disent avoir ressenti une même bienveillance de la population. Un petit mot gentil, un sourire sur le passage d'une patrouille sur un marché... "On nous aime de nouveau", glisse un policier à Bordeaux (sud-ouest).

Sur le plan culturel, là aussi comme à Paris, certaines tournées ont été intégralement maintenues comme celle de la chanteuse soul belge Selah Sue - qui à Nantes (ouest) a entamé son concert par un "Fuck terrorism!" tonitruant - , mais d'autres manifestations ont été annulées.

C'est le cas de la Fête des Lumières, à Lyon (centre-est), qui illumine l'entrée du mois de décembre et attire quelque trois millions de personnes. En revanche à Rennes (ouest), les organisateurs des Trans Musicales, prévues début décembre, n'envisagent pas de reculer.

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