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21/11/2015 03:31 EST | Actualisé 21/11/2016 00:12 EST

Afghanistan: la prise de Kunduz par les talibans due aux "failles" du gouvernement (commission d'enquête)

La prise de Kunduz, dans le nord afghan, par les rebelles talibans fin septembre est due aux "failles" du conseil national de sécurité du président afghan, qui par sa lourdeur a créé la "confusion", selon le rapport d'une commission d'enquête présenté samedi.

La chute de Kunduz, verrou stratégique sur la route du Tadjikistan, puis son occupation par les insurgés pendant trois jours a été un véritable fiasco pour l'armée afghane, dans laquelle les Etats-Unis ont investi plus de 60 milliards de dollars depuis 2002, mais aussi pour M. Ghani, élu sur la promesse de ramener la paix dans son pays éprouvé par plus de trois décennies de guerre.

Or, si Kunduz est tombée c'est à cause de "la complexité" de la chaîne de commandement, a martelé Amrullah Saleh, l'un des deux chefs de la commission d'enquête, nommée par M. Ghani, lors de la présentation de son rapport.

Une critique explicite du pouvoir civil et militaire, déjà mis à mal lors du bombardement de l'hôpital de Médecins sans Frontières de Kunduz qui a fait 30 morts. La frappe était certes américaine, mais elle a été demandée par l'armée afghane, persuadée que des talibans se trouvaient dans le bâtiment, selon le général John Campbell, chef des forces de l'Otan en Afghanistan.

Pis, au niveau national, le conseil de sécurité, qui réunit ministres et conseillers du chef de l'Etat, a fait étalage de ses "failles". "Par ses méthodes, cette structure a créé une atmosphère d'ambiguïté et de confusion", a affirmé M. Saleh.

"La commission d'enquête estime que le conseil national de sécurité, dans sa structure actuelle, est un facteur de confusion et d'instabilité", a-t-il encore expliqué, pointant la lourdeur bureaucratique souvent épinglée comme principal facteur d'inertie, avec la corruption, en Afghanistan.

Une fois dans Kunduz, les talibans ont saisi "37 véhicules et 1.000 armes" aux forces de sécurité, selon M. Saleh, et prenaient "leurs ordres" du Pakistan voisin, pays qu'Ashraf Ghani accuse régulièrement d'alimenter la rébellion afghane.

Pourtant, les forces afghanes auraient dû être prêtes à faire face, car l'offensive des talibans contre Kunduz "a nécessité une préparation d'au moins un an", a dit M. Saleh, et la ville subissait les coups de boutoir des insurgés depuis le printemps. Au début de l'été, ils étaient même parvenus à quelques kilomètres du centre-ville avant d'être repoussés.

hs-gde/pt