NOUVELLES
20/11/2015 10:38 EST | Actualisé 20/11/2016 00:12 EST

USA: le Pentagone reconnaît 4 victimes civiles probables dans une frappe en Irak

L'armée américaine a reconnu vendredi qu'un bombardement américain en Irak le 13 mars visant un checkpoint du groupe Etat islamique avait "probablement provoqué la mort" de quatre civils dont un enfant.

Une enquête de l'armée américaine a montré que le bombardement avait "probablement provoqué la mort de quatre non-combattants", dont un "pourrait avoir été un enfant", selon un communiqué du Centcom, le commandement des forces américaines au Moyen-Orient.

C'est la deuxième fois que l'armée américaine reconnaît sa responsabilité probable dans la mort de civils dans un bombardement en Irak ou en Syrie, depuis le début de sa campagne contre le groupe Etat islamique en août 2014.

En mai, elle avait déjà reconnu qu'une frappe en novembre 2014 près de Harem en Syrie contre le groupe extrémiste Khorasan avait tué deux enfants.

"Nous regrettons cette perte non-intentionnelle de vie humaine et nous gardons les familles affectées dans nos pensées", a déclaré vendredi le général CQ Brown, commandant des forces aériennes américaines au Moyen-Orient, cité dans le communiqué du Centcom.

"Nous faisons tout ce que nous pouvons pour éviter" de tuer ou blesser "des non-combattants", a-t-il précisé.

Le bombardement, visant un checkpoint à Hatra, avait été mené par un avion américain d'attaque au sol A-10, a précisé le Centcom.

Selon un résumé de l'enquête publié par les militaires, les quatre victimes civiles présumées se trouvaient dans deux véhicules arrêtés au checkpoint.

Mais leur présence n'a pas été détectée sur le moment par les militaires américains, malgré leurs moyens d'observation vidéo.

Elle n'a été établie qu'a postériori, par l'observation des vidéos prises par l'avion A-10. Celles-ci montrent quatre personnes sortant des véhicules au dernier moment, alors que le tir avait été déclenché mais n'avait pas encore atteint sa cible.

Selon le communiqué du Centcom, les frappes "ont été conduites en accord" avec les règles en vigueur dans l'armée américaine.

Les deux véhicules ont été considérés comme des "cibles légitimes" parce que leurs chauffeurs étaient descendus et restaient à "interagir" avec les jihadistes alors que les autres véhicules passaient le checkpoint, selon la même source.

Selon le colonel Ryder, porte-parole du Centcom, l'armée américaine enquête en ce moment sur 26 autres dossiers et allégations concernant des victimes civiles.

La coalition contre le groupe Etat islamique a mené plus de 8.200 frappes depuis le début de sa campagne de bombardement contre les jihadistes, dont plus de 80% menées par les Américains.

wat-lby/elc