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20/11/2015 03:17 EST | Actualisé 20/11/2016 00:12 EST

Ukraine: le pape prône devant Porochenko des "solutions politiques" du conflit

Le pape François a demandé vendredi au président ukrainien Petro Porochenko, que "des solutions politiques soient privilégiées", grâce à "l'engagement de toutes les parties impliquées" dans le conflit dans l'est du pays.

C'était la première fois que le président ukrainien se rendait au Vatican.

Selon un communiqué du Saint-Siège, "les entretiens cordiaux ont été consacrés principalement à la situation de conflit dans le pays. Le souhait a été partagé que, grâce à l'engagement de toutes les parties impliquées, des solutions politiques soient privilégiées, à commencer par la pleine réalisation des accords de Minsk" de février 2015.

L'accès des organisations humanitaires aux zones de conflit, les échanges de prisonniers, les répercussions économiques et sociales des troubles, le rôle des Eglises, notamment "la contribution des communautés grecques catholiques de rite latin à la vie du pays" ont été discutés, avec le pape comme avec le numéro deux du Vatican, le cardinal Pietro Parolin.

Le pape a salué en ukrainien à son arrivée le président, accompagné de son épouse et d'une délégation de dix personnes, selon des journalistes présents. Jorge Bergoglio avait servi la messe quand il avait douze ans à Buenos Aires avec un prêtre ukrainien, et a gardé des rudiments de cette langue.

A l'issue d'une entretien d'une vingtaine de minutes, François a offert au président une médaille de bronze représentant un rameau d'olivier. M. Porochenko lui a donné une statuette en verre figurant un ange.

François avait reçu le Premier ministre Arseni Iatseniouk venu en avril 2014 à Rome pour la canonisation du Polonais Jean Paul II, très aimé des Ukrainiens pour son soutien aux uniates (catholiques de rite oriental d'Ukraine)

Lors d'un entretien en juin 2015 avec le président russe Vladimir Poutine, François lui avait demandé "un effort important et sincère pour réaliser la paix".

Depuis le début du conflit, François a lancé régulièrement des appels à la concorde, encourageant les évêques catholiques ukrainiens à éviter de "promouvoir une action politique concrète", et évitant de condamner explicitement l'attitude de la Russie dans le conflit.

La crise ukrainienne n'a pas facilité les relations entre le Saint-Siège et le patriarcat orthodoxe de Moscou, et celles entre le Vatican et les grecs-catholiques.

Beaucoup de grecs-catholiques et hommes politiques à Kiev reprochent au Vatican sa trop grande réserve face à Moscou, notamment lors de l'annexion de la Crimée.

Le conflit dans l'Est a fait plus de 8.000 morts depuis son déclenchement en avril 2014.

jlv/jh