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20/11/2015 02:37 EST | Actualisé 20/11/2016 00:12 EST

Prise d'otages massive au Mali et réunion d'urgence entre Européens après les attentats de Paris

Une semaine après les pires attentats commis en France, une nouvelle attaque terroriste meurtrière s'est produite vendredi, avec une prise d'otages massive dans un grand hôtel de Bamako, les pays européens cherchant pour leur part à muscler leur riposte contre le terrorisme.

Vendredi matin, l'hôtel Radisson à Bamako, prisé par la clientèle internationale, a été attaqué par des assaillants lourdement armés qui retenaient au départ 170 personnes.

Au moins trois d'entre elles ont été tuées lors d'un assaut rapidement lancé par les forces spéciales maliennes qui ont "pu libérer une dizaine de personnes", selon un officiel malien.

Des ressortissants étrangers, dont le nombre et les nationalités n'étaient pas connues dans un premier temps, se trouvaient dans l'hôtel au moment de l'attaque. Au moins sept touristes chinois et six membres de la compagnie aérienne turque Turkish Airlines (THY) étaient dans l'établissement au moment de l'attaque, selon de premières informations.

Des tirs d'armes automatiques pouvaient être entendus de l'extérieur de cet hôtel qui compte 190 chambres. "Ca se passe au septième étage, des jihadistes sont en train de tirer dans le couloir", a déclaré une source de sécurité à l'AFP.

Cette attaque, non revendiquée vendredi en fin de matinée, est intervenue une semaine exactement après les attentats de Paris qui ont fait 129 morts et provoqué une onde de choc planétaire. Ils ont été revendiqués par le groupe Etat islamique (EI) qui a des ramifications en Afrique du Nord et de l'Ouest.

- Filmé dans le métro -

Le corps de l'inspirateur présumé des attentats de Paris, Abdelhamid Abaaoud, avait été identifié jeudi dans les décombres d'un appartement pris d'assaut la veille par la police à Saint-Denis, dans la banlieue nord de Paris.

La justice française a annoncé vendredi matin qu'un troisième cadavre avait été retrouvé, celui d'une femme qui reste à identifier.

"Des fragments de corps appartenant selon toute vraisemblance" à un autre homme ont été retrouvés et son identification est en cours, selon une source judiciaire. Les enquêteurs sont toujours à la recherche de Salah Abdeslam, l'un des auteurs présumés des attentats de vendredi à Paris.

La confirmation de la présence d'Abaaoud à Saint-Denis alors qu'il était supposé être en Syrie a provoqué une vaste polémique sur des failles dans la sécurité en Europe.

Selon une source policière, Abdelhamid Abaaoud a en outre été filmé dans une station de métro de Montreuil (banlieue est de Paris) le soir des attentats, accréditant l'hypothèse de sa participation directe aux attaques.

Comment ce Belge, qui faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international, a-t-il pu revenir en Europe pour coordonner les attentats du 13 novembre ?

"Nous ne savons pas", a reconnu jeudi soir le Premier ministre français Manuel Valls.

- 'Trop de temps perdu' -

"Nous souhaitons que l'Europe, qui a trop perdu de temps sur un certain nombre de questions qui relèvent de l'urgence, prenne aujourd'hui les décisions qui s'imposent", a plaidé le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, à son arrivée à Bruxelles pour une réunion d'urgence avec ses homologues européens.

Cette réunion devrait permettre à la France d'avancer sur ses priorités : "lutte contre le trafic d'armes", "approbation" avant fin 2015 du PNR européen - un fichier de données sur les voyageurs aériens - pour assurer la traçabilité du retour des jihadistes.

La mise en place de contrôles systématiques aux frontières extérieures de l'espace Schengen pourrait désormais aussi concerner les citoyens européens, selon un document qui doit être adopté à Bruxelles et consulté par l'AFP.

Quatre kamikazes ayant péri le 13 novembre, tous Français, ont été identifiés. Reste à mettre un nom sur trois autres kamikazes, dont un homme passé récemment par la Grèce, auprès duquel a été retrouvé un passeport syrien à l'authenticité douteuse.

Côté belge, neuf personnes ont été interpellées jeudi près de Bruxelles, ou avaient résidé la plupart des membres des commandos de kamikazes.

"La menace est toujours présente et va être longue et permanente", a prévenu Manuel Valls.

Les perquisitions administratives, facilitées par l'état d'urgence - 600 depuis le 13 novembre - se poursuivent dans toute la France. 157 personnes ont été assignées à résidence.

Le projet de loi prolongeant l'état d'urgence pour trois mois, adopté jeudi par l'Assemblée nationale, passe devant les sénateurs français vendredi, qui devraient le voter massivement.

La présidence française a annoncé qu'un hommage national sera rendu vendredi prochain aux victimes des attentats.

Sur le front extérieur, le président français François Hollande a ordonné l'"intensification" des bombardements aériens contre l'EI en Syrie, mais aussi en Irak, pays dans lesquels le groupe contrôle de vastes territoires. L'arrivée imminente en Méditerranée orientale du porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle triplera la capacité aérienne française dans la région, avec 38 avions.

La France a proposé au Conseil de sécurité de l'ONU une résolution demandant "de prendre toutes les mesures nécessaires" contre l'EI.

M. Hollande, qui doit aller la semaine prochaine à Washington et Moscou, a évoqué par téléphone "la coopération militaire" en Syrie avec son homologue américain Barack Obama.

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