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20/11/2015 07:05 EST | Actualisé 20/11/2016 00:12 EST

Pearson et Dow Jones vendent leurs parts dans le journal libéral russe Vedomosti

Le quotidien économique libéral russe Vedomosti, l'un des rares médias critiques du pouvoir en Russie, va passer entre les mains d'un journaliste et homme d'affaires russe après le rachat annoncé vendredi des parts des éditeurs du Financial Times et du Wall Street Journal, conséquence d'une nouvelle loi controversée.

Dans un communiqué, les groupes de médias britannique Pearson (qui est en train de vendre le Financial Times au groupe japonais Nikkei) et américain Dow Jones indiquent avoir trouvé un accord pour vendre leurs participations respectives de 33% à l'homme d'affaires russe Demian Koudriavtsev, qui détenait le tiers restant. Le montant de la transaction, qui doit être bouclée avant la fin de l'année, n'a pas été précisé.

Journaliste de formation, entrepreneur actif dans le secteur de l'internet et auteur, M. Koudriavtsev a notamment dirigé un autre journal économique, Kommersant, de 2006 à 2012. Il est décrit par la presse russe comme proche de l'ex-oligarque russe Boris Berezovski, opposant à Vladimir Poutine retrouvé mort en 2013 dans sa résidence au Royaume-Uni, où il s'était réfugié.

Il avait acheté au printemps au groupe de médias finlandais Sanoma un tiers du capital de Vedomosti, lancé en 1999 et très influent dans les milieux économiques.

Le départ de Pearson et Dow Jones était attendu en raison de l'entrée en vigueur le 1er janvier prochain d'une loi qui limite à 20% la participation d'étrangers dans le capital de médias russes.

Cette loi a été rédigée notamment par des députés ultranationalistes et communistes pour défendre la Russie des "ingérences étrangères" en pleine crise ukrainienne. Elle a été promulguée en octobre 2014 par le président Vladimir Poutine.

Elle fait craindre un renforcement du contrôle du pouvoir sur un secteur qui a subi une nette reprise en mains en 15 ans de pouvoir de Vladimir Poutine.

gmo/nm/lpt

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