POLITIQUE
20/11/2015 02:27 EST | Actualisé 20/11/2015 04:22 EST

Chantier naval Davie : le projet Resolve doit aller de l'avant tel que prévu, plaide Philippe Couillard

Courtoisie

OTTAWA – Le projet Resolve au chantier Davie, à Lévis, doit aller de l’avant tel que prévu dans les plus brefs délais, a martelé le premier ministre québécois Philippe Couillard vendredi.

« Le signal que j’envoie, c’est que ce n’est pas un sujet sur lequel on a le luxe d’attendre pour une période indéfinie », a-t-il dit lors d’un point de presse à la suite d’une conférence sur les changements climatiques à Ottawa.

« Il y a eu un document signé par le gouvernement fédéral. Il y a déjà des gens au travail et il y a des centaines de travailleurs qui doivent être engagés. On s’attend à ce que le travail suive son cours tel que planifié et tel qu’annoncé. »

Couillard a mentionné qu’il rencontrerait le gouvernement fédéral à ce sujet. Mais il n’est pas question de modifier le projet d’un iota, a averti le premier ministre.

« Sur cette question, je vais être très clair : le navire est dans le chantier. Il y a 250 travailleurs sur le chantier et 400 autres doivent être engagés. Ce sont des investissements de 700 millions de dollars. »

Les conservateurs avaient signé une lettre d’intention, quelques jours avant le déclenchement de l’élection, qui autorisait le début des travaux au chantier Davie au mois d’août. Le contrat devait être signé à la fin du mois d’octobre.

Mais le gouvernement Trudeau a bloqué l’attribution du contrat pour la conversion d’un porte-conteneurs en un navire de ravitaillement militaire pour la Marine royale canadienne, a dévoilé Radio-Canada.

Le premier ministre Philippe Couillard n’aurait pas été mis au courant de cette décision au préalable.

Irving s’en mêle

Irving Shipbuilding, un concurrent de Davie, aurait fait parvenir une lettre à au moins quatre membres du cabinet Trudeau afin de faire dérailler le projet en sol québécois.

Le gestionnaire du projet Resolve, Spencer Fraser, trouve qu’il est « inacceptable » que ses compétiteurs tentent de faire « trébucher le gouvernement avec des menaces » avant la signature officielle de son projet.

« Ils essaient, avec le nouveau gouvernement, de dire qu’il n’y a pas eu de compétition », déplore le dirigeant.

Pour le secrétaire général de la Centrale des syndicats nationaux (CSN), Jean Lortie, Irving a largement eu sa part de contrats en 2011. La compagnie de Halifax a raflé 22 milliards de dollars sur un total de 35 milliards de dollars environ octroyés aux chantiers maritimes du Canada par le fédéral.

« On considère qu’ils en ont plein les baskets, comme on dit, de contrats. Ils sont incapables de livrer les commandes, ce qui fait en sorte qu’ils ont donné la sous-traitance à Istanbul [en Turquie]. Alors véritablement, il y a un problème », a critiqué Jean Lortie, en entrevue avec le HuffPost.

Une « catastrophe » pour Lévis

Irving fait preuve « d’acharnement » envers le chantier Davie selon le lieutenant québécois du NPD, Alexandre Boulerice.

Il croit que ce serait une « catastrophe » pour la ville de Lévis si le contrat n’était pas signé, puisque des centaines d’emplois sont en jeu.

« Il faut que le Québec, qui a voté libéral, puisse avoir droit à une représentation », critique le député de Rosemont-La-Petite-Patrie.

Le Bloc québécois déplore quant à lui que le Québec ait reçu une part minime des contrats des chantiers maritimes dans les dernières années.

Marilène Gill, députée de Manicouagan, se questionne sur le délai de deux mois avant la signature du contrat, alors que le temps des Fêtes arrive à grands pas.

Elle se demande pourquoi le gouvernement Trudeau va réévaluer un projet qui avait déjà été évalué dans le passé.

« S’il n’y avait pas eu d’intervention de la part d’Irving, est-ce qu’on aurait eu droit à la même chose? On espère que le gouvernement va prendre sa propre décision et non suivre les rapports d’influence qu’il peut y avoir. »

Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST

Galerie photo Le navire Astérix à Lévis Voyez les images