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20/11/2015 09:56 EST | Actualisé 20/11/2016 00:12 EST

Merkel sommée par son allié bavarois de limiter le nombre de réfugiés

L'allié bavarois de la chancelière allemande Angela Merkel lui a de nouveau demandé de limiter le nombre de réfugiés accueillis par le pays, une exigence formulée au nom des "intérêts nationaux" qui divise profondément le camp conservateur.

"Nous voulons du contrôle, nous voulons de l'ordre, mais nous voulons aussi une limite. Et ce, au nom des intérêts nationaux", a déclaré le ministre-président de Bavière, Horst Seehofer, lors du congrès des conservateurs bavarois (CSU) dont il est le patron.

"J'espère que nous parviendrons à nous entendre", a-t-il lancé sous les applaudissements à la chancelière, qui l'écoutait en silence à quelques mètres, debout, visage fermé.

Offrant une scène très inhabituelle pour un congrès de la CSU, qui réserve d'ordinaire un accueil chaleureux à la dirigeante conservatrice, M. Seehofer a insisté pour aborder ce sujet "en plus de toutes les autres questions d'humanité et d'intégration".

Alors que l'Allemagne attend 800.000 à un million de demandeurs d'asile cette année, cette "tâche historique" ne saurait "rencontrer durablement le soutien de la population" si le pays ne se fixe aucune "limite supérieure", a martelé le chef de la CSU.

L'exigence de la Bavière, Etat-région du sud de l'Allemagne par lequel transitent l'immense majorité des migrants, n'a rien de nouveau mais résiste pour l'heure à toutes les négociations intervenues au sein de la coalition au pouvoir.

Prenant la parole avant Horst Seehofer, Angela Merkel a de nouveau refusé vendredi tout "plafond national fixé unilatéralement" pour l'accueil de demandeurs d'asile, maintenant le cap suivi depuis deux mois.

La chancelière, qui affronte sa plus grave crise politique interne en dix ans de pouvoir, entend elle aussi "réduire le nombre de réfugiés", mais au moyen d'une "solution internationale et européenne" conforme "aux intérêts de tous".

Elle défend pour cela l'idée d'un accord avec la Turquie, consistant à établir un contingent global de migrants accueillis légalement dans l'UE, puis à les répartir entre chaque Etat membre selon un système de quotas.

Cette position a d'ailleurs reçu le soutien vendredi de deux de ses principaux ministres sociaux-démocrates, le vice-chancelier Sigmar Gabriel et le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, dans une tribune au Spiegel.

bur-cfe/ger