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20/11/2015 05:48 EST | Actualisé 20/11/2016 00:12 EST

Ligue des champions d'Asie: Evergrande, géant chinois avide de buts et de Bourse

Equipe de football la plus performante de Chine, le Guangzhou Evergrande Taobao est le grand favori de la Ligue des champions d'Asie dont la finale retour se joue samedi. Mais ses finances sont loin d'atteindre les mêmes sommets.

Basé dans la métropole de Canton (sud), le club est la propriété du promoteur immobilier Evergrande (à 60%) et du géant chinois de l'internet Alibaba (40%), dont la plateforme Taobao est le principal site de e-commerce entre particuliers en Chine.

L'équipe est entraînée par Luiz Felipe Scolari -- coach victorieux de la Coupe du monde 2002 avec le Brésil et ex-patron de la sélection auriverde durant le Mondial-2014 --, lequel s'est entouré de nombreux compatriotes.

Sur le terrain, c'est un quatuor "jaune et vert", composé de Robinho, Paulinho, Ricardo Goulart et Elkeson, qui est chargé d'affoler les défenses adverses.

A coup de millions de yuans, le club, encore en deuxième division en 2010, a connu un succès foudroyant: il vient de remporter son cinquième titre de champion national d'affilée, après être devenu en 2013 le premier vainqueur chinois de la Ligue des champions d'Asie.

Une victoire samedi contre le club d'Al Ahli, après le 0-0 à l'aller aux Emirats arabes unis, permettrait à l'équipe de soulever son deuxième trophée continental.

- Convaincre des investisseurs -

Mais les comptes du club sont moins glorieux, malgré le soutien du président d'Evergrande, Xu Jiayin, et du fondateur d'Alibaba, Jack Ma, actuellement 2e homme le plus riche de Chine. Sa fortune est estimée par Bloomberg à plus de 29 milliards de dollars.

Le club a essuyé des pertes de 75 millions de dollars en 2014 (70 M EUR), selon un communiqué. Les recettes s'élevaient pourtant à 53 millions de dollars, mais les seuls salaires des joueurs et entraîneurs -- 90 millions de dollars -- ont plombé ses finances.

Coté depuis novembre sur le NEEQ, une plateforme boursière secondaire par rapport aux places de Shanghai et Shenzhen, à un cours initial de 40 yuans par action, le club vaut théoriquement la somme mirobolante de 2,35 milliards de dollars. Presque autant que l'équipe anglaise de Manchester United, dont la valeur à Wall Street atteint les 3 milliards de dollars.

Mais, selon le NEEQ, aucune transaction n'a encore été effectuée sur le titre d'Evergrande. Gênant pour une opération censée n'être qu'un premier pas avant une entrée à la Bourse de Shenzhen.

Alors certes, les pertes sont coutumières parmi les meilleurs clubs du monde, qui comptent volontiers sur la générosité de leurs fortunés propriétaires pour renflouer leurs comptes.

- 'Pour l'intérêt politique' -

Le président chinois Xi Jinping, lui-même un passionné, caresse en tout cas l'espoir que son pays puisse accueillir un jour la Coupe du monde, et encourage la pratique du football parmi les jeunes du pays.

Mais l'équipe nationale, dont le sélectionneur français Alain Perrin a pris les rênes l'an dernier, est régulièrement l'objet de railleries pour la médiocrité de son jeu et de ses résultats.

En Chine, les équipe de football sont en fait surtout un moyen pour les magnats à leur tête de gagner un certain crédit politique, de montrer leur loyauté envers leur région d'origine ou tout simplement de rajouter du panache à des succès économiques.

Lorsqu'Alibaba, en quête de diversification, est arrivé au capital d'Evergrande l'an passé, Jack Ma avait confessé sans état d'âme sa méconnaissance du football.

Mais le groupe vient de créer une nouvelle société dédiée au sport professionnel et a sponsorisé début octobre à Shanghai un match de championnat universitaire américain (NCAA) de basket, le premier du genre délocalisé en Chine.

"Les clubs de football en Chine sont gérés à perte pour l'intérêt politique de leurs propriétaires", analyse Cameron Wilson, fondateur de Wild East Football, un site internet dédié au ballon rond chinois.

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