DIVERTISSEMENT
20/11/2015 12:08 EST | Actualisé 26/11/2015 10:26 EST

Le nouveau Véro Magazine est lancé! (VIDÉO)

Le nouveau Véro Magazine est arrivé! Véronique Cloutier avait convié quelques-unes de ses admiratrices au Birks Café, jeudi, pour un 5 à 7 de lancement sans flafla, où les selfies se sont multipliés et les gâteries du chef Jérôme Ferrer ont abondé, pendant que Véro et Marie-Soleil Michon animaient leur Véro Show en direct sur Rythme FM. Le Huffington Post Québec y était, pour jaser avec Véro, «muse en chef» du magazine, et Louis Morissette, nouvel éditeur.

«C’est un petit peu différent, a répondu Véro, lorsque questionnée à savoir si elle éprouvait les mêmes émotions qu’au premier lancement de son magazine, à l’automne 2013. C’est la même excitation, le même bonheur, mais j’avoue qu’il y a un petit stress supplémentaire. Quand on a lancé le premier magazine, avec TC Media, on se sentait entourés, poussés, portés par une grande équipe, presque une machine. Là, on n’a plus ça…»

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Peu de changements

Les habitué(e)s de Véro Magazine retrouveront, dès aujourd’hui, sensiblement la même publication que celle qui était encore sur les tablettes au printemps dernier, mais revigorée de quelques nouveautés, qui reflètent encore plus les valeurs, les convictions et les aspirations de ses nouveaux propriétaires et de sa «muse en chef».

Par exemple, on a incorporé une section famille, et de nouveaux collaborateurs viennent apporter leur grain de sel. Façonné par une équipe de grosses pointures du milieu du magazine québécois – Sophie Banford, ancienne éditrice chez Clin d’œil et Châtelaine, a notamment traversé dans le clan des Cloutier-Morissette -, Véro Magazine s’adresse à un lectorat-cible de jeunes quadragénaires féminines, mamans et à l’affût des tendances, mais les messages reçus par Véro sur les réseaux sociaux laissent entendre que l’adolescente de 15 ans comme la grand-maman de 70 ans y trouvent aussi leur plaisir.

«La base est vraiment là, indique Véronique Cloutier. C’est le même magazine que les lecteurs et lectrices aimaient, et qui marchait bien. J’ai ajouté une section famille. Louis écrit maintenant dans le magazine, parce qu’il ne nous coûtait rien (rires). Rose-Marie Charest, ancienne présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, une femme que je respecte beaucoup, écrit sur la psychologie. On a aussi changé la grille graphique ; les pages sont encore plus épurées, c’est une direction que je voulais prendre dès le départ et qu’on a accentuée un peu plus.»

Véro et les siens s’inspirent également de ce qui circule sur le web pour concevoir leur création, qui sortira cinq fois par année. D’ailleurs, l’une des blogueuses très populaires du Huffington Post Québec, Bianca Longpré, a réussi à se tailler une place parmi les chroniqueurs de Véro Magazine.

«Bianca est aussi l’épouse de François Massicotte. Je la connaissais de nom, je l’avais déjà croisée dans des événements, mais je la lis surtout sur le Huffington Post. Ses sujets me touchent toujours, et elle a une plume un peu plus aiguisée que ce qu’on a dans les autres pages du magazine. Alors, j’ai été chercher deux extrêmes : on a Ève Déziel, qui, elle, écrit de façon très poétique, très nostalgique, qui est dans les images, et on a Bianca qui est crue, dans la réalité. J’aime avoir ces deux aspects, parce qu’on a tous ces deux côtés en nous», explique Véro.

Louis Morissette, éditeur

La relance de Véro Magazine n’est pas qu’un immense bonheur pour les lecteurs et lectrices ; elle signifie également l’ajout d’une corde supplémentaire à l’arc de Louis Morissette, qui greffe aujourd’hui la branche KO Média à son entreprise, laquelle comptait déjà les tentacules KOTV, KO Scène et KO24 (filiale cinéma).

N’ayant jusqu’ici jamais planifié devenir un jour éditeur de magazines, Louis est allé chercher des conseils un peu partout ces derniers mois pour mener à bien ce nouveau défi. Ricardo, Marilou et Alexandre Champagne, ainsi que des têtes dirigeantes de Québecor et de TC Media, lui ont notamment filé un coup de pouce.

«L’édition n’a jamais été dans mes plans. Ce n’était pas dans mes plans il y a deux ans, il y a un an, ça n’a jamais été dans mes cartons. Au départ, on voulait travailler avec les meilleurs, les gros joueurs de l’industrie, tout en gardant une certaine liberté, une flexibilité qui nous permettait de faire nos propres choses à l’intérieur d’une grosse entreprise. Et quand on a perdu ces certitudes, le choix s’est imposé de le faire nous-même ou pas», détaille Louis Morissette, faisant ainsi référence à l’achat, par Groupe TVA, de 15 titres de TC Media, l’an dernier, ce qui les a incités, Véro et lui, à se retirer, pour poursuivre leur route de leur côté.

«C’est un saut dans le vide. Je me croise les doigts. Je ne m’en cache pas, ce n’est pas de la fausse humilité. On essaie quelque chose, et j’espère que ça va fonctionner. J’entre là-dedans avec vraiment beaucoup d’humilité, en écoutant ce que les autres ont à dire. J’ai consulté des dizaines et des dizaines de personnes, et je continue de le faire. C’est une industrie que je connais très peu», complète Louis Morissette.

Ce qui ne l’empêche pas de voir grand. Louis Morissette en parle de plus en plus souvent, il aimerait que Véronique Cloutier ait une chaîne de télévision à son nom, dont le contenu compléterait celui du magazine, et vice-versa. Mais l’idée n’est pas encore concrète. Chaque chose en son temps. «Une bouchée à la fois, une gorgée à la fois», tempère Louis Morissette. L’homme d’affaires veut s’assurer d’être dans un contexte favorable pour matérialiser ce projet et, surtout, de pouvoir le gérer comme Véro et lui l’entendent.

«Avec les années, les plateformes changent, des regroupements se créent, ils sont vendus, sont achetés, mais ce qui reste, c’est le contenu, la propriété intellectuelle. Et c’est cette propriété que tu peux décliner sur d’autres plateformes, que ce soit le web ou, ultimement, peut-être, une chaîne télé. Je ne sais pas ce qui nous pend au bout du nez, mais j’essaie d’avoir le plus de flexibilité et de liberté possible», plaide Louis Morissette.

Par contre, en ce qui a trait au contenu, justement, Louis fait entièrement confiance à ses troupes et ne s’implique pratiquement pas dans le choix des reportages, entrevues et chroniques qui meublent le Véro Magazine.

«Mon rôle dans le contenu du magazine est extrêmement limité. Il se limite à ma page (la dernière du magazine). Tout le reste allait très bien pour le magazine. C’était le dernier de mes soucis, parce qu’on a une équipe fantastique, les filles sont super bonnes, elles savent ce qu’elles font. Moi, tant que ça convient à Véro, ça me convient. Et tant que ça entre dans le cadre budgétaire, ça me convient aussi! (rires)»

Drôle de moment

Ironie du sort, mercredi, veille du dévoilement du Véro nouveau, on apprenait que TVA Publications abolissait six de ses magazines, soit Le Lundi, Signé M, Moi&cie, Décormag, Animal et 150 plans. Une bien étrange coïncidence, qui pourrait jouer en faveur de Véro Magazine, mais qui n’est pas sans rappeler à quel point les médias papiers sont sur le déclin.

«C’est une période difficile dans le monde du magazine, reconnaît Véronique Cloutier. Ma première pensée va aux gens qui perdent leur emploi. Certains étaient là depuis très, très longtemps ; quand on pense à un magazine comme Le Lundi, moi, j’ai grandi avec ce magazine-là, qui avait à peu près mon âge. C’est très triste. J’ai beaucoup de sympathie pour les gens qui doivent traverser ça présentement. En même temps, je comprends que c’est un contexte difficile. Alors, oui, ça nous ajoute un petit stress, mais on se lance pareil et on croise les doigts!»

«Je suis attristé pour les équipes, renchérit Louis Morissette. Ce sont beaucoup de gens qui vont perdre leur job. En même temps, je ne suis pas si surpris. Québecor est une grosse entreprise. Ces grosses corporations ont des impératifs financiers à respecter. Elles doivent faire des rendements et ont des comptes à rendre à des actionnaires. Et si le profit n’est pas au rendez-vous… C’est ça, les affaires. Il n’y a pas d’émotions. Il faut restructurer, ce qu’ils ont fait.»

Louis Morissette avoue d’ailleurs n’entretenir aucune certitude et aucune garantie, conscient que, malgré la grande popularité de son épouse, lancer un magazine papier, en 2015, relève du coup de dé.

«J’entends des gens dire : «On sait bien, vous autres, avec la radio, la télé, le magazine, vous faites de l’argent…» Mais j’ai des petites nouvelles pour vous autres : ce n’est pas avec le papier qu’on fait de l’argent, au Québec, en 2015. On le fait pour autre chose. C’est une opération qui prend son sens globalement ; quand tu as une collection de vêtements, la radio et la télé, ça finit par faire du sens. Indépendamment, ça ne marche pas. Si j’avais des actionnaires avec moi, si j’avais un conseil d’administration qui m’exigeait des rendements, ça ne marcherait pas.»

Véro Magazine est présentement en kiosque et aussi accessible en version numérique. Louis Morissette a précisé qu’une application pour appareils mobiles, présentement en développement, sera éventuellement disponible.

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