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20/11/2015 11:54 EST | Actualisé 20/11/2016 00:12 EST

Le groupe jihadiste Al-Mourabitoune

Le groupe Al-Mourabitoune, qui a revendiqué la prise d'otages de l'hôtel Radisson de Bamako vendredi, est un mouvement armé jihadiste né en 2013 de la fusion du groupe de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar et d'une autre formation liée à Al-Qaïda.

Selon un document sonore diffusé en soirée par la chaîne qatarie Al-Jazeera, le groupe a revendiqué la prise d'otages qui a fait au moins 27 morts dans la capitale malienne. "Nous les Mourabitoune, avec la participation de nos frères (...) d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, revendiquons l'opération de prise d'otages à l'hôtel Radisson".

Peu auparavant, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian avait affirmé que Mokhtar Belmokhtar, était "sans doute à l'origine" de l'attentat.

Al-Mourabitoune avait déjà revendiqué le premier attentat visant des Occidentaux à Bamako, le 7 mars dernier au bar-restaurant la Terrasse (cinq morts: trois Maliens, un Français et un Belge).

Mokhtar Belmokhtar, un des chefs jihadistes les plus redoutés du Sahel, milite pour une grande coalition avec les jihadistes du Niger, du Tchad et de Libye. Donné plusieurs fois pour mort, notamment en juin dernier et en avril 2013, son décès a chaque fois été démenti.

En mai dernier, Belmokhtar a réaffirmé la loyauté de son groupe à Al-Qaïda et démenti l'allégeance à l'organisation de l'Etat islamique (EI) proclamée par un autre dirigeant des Al-Mourabitoune.

Dans un communiqué daté du 17 juillet, ce groupe s'est de nouveau démarqué de l'EI et a associé Al-Qaïda à son nom, signant son communiqué de "Al-Mourabitoune-Al-Qaïda du jihad en Afrique de l'Ouest". Le communiqué a affirmé que Khaled Abou al-Abbas --le nom sous lequel Mokhtar Belmokhtar est connu dans les milieux jihadistes-- "a été élu par le Conseil de la Choura des Mourabitoune émir" du groupe.

- Fusion jihadiste -

Al-Mourabitoune est né de la fusion des "Signataires par le sang" de Belmokhtar --un ex-chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi)-- et du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao).

Le Mujao, implanté en particulier dans la région de Gao, dans le nord du Mali, fait partie des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda qui ont contrôlé cette partie du pays pendant près d'un an, entre le printemps 2012 et début 2013. Ils ont été en grande partie chassés par l'opération militaire Serval, lancée à l'initiative de la France en janvier 2013.

Le 16 janvier 2013, des membres du groupe des "Signataires par le sang", unité combattante créée par Belmokhtar fin 2012, avaient pénétré sur le site du complexe gazier d'In Amenas, à quelque 1.300 km au sud-est d'Alger, et capturé des centaines d'Algériens et d'étrangers, en représailles à l'intervention française au Mali. L'armée algérienne avait lancé l'assaut trois jours plus tard. Au total, 40 employés de 10 nationalités et 29 assaillants avaient péri.

Quelques mois plus tard, le 23 mai 2013, un double attentat-suicide faisait 25 morts, essentiellement des militaires, dans le nord du Niger. Les deux attaques, les premières du genre dans le pays, avaient été revendiquées par les "Signataires par le sang" et le Mujao.

Trois mois plus tard, ces deux groupes annonçaient leur fusion en un seul mouvement appelé Al-Mourabitoune.

Au Mali, outre l'attentat de Bamako en mars, ce groupe a revendiqué un attentat-suicide commis le 15 avril contre le contingent nigérien d'une base de l'ONU dans le Nord. Il avait déjà revendiqué un attentat-suicide dans lequel un soldat français avait été tué le 14 juillet 2014, jour de la fête nationale française, près de Gao.

Au Burkina Faso, pays jusque-là épargné par les prises d'otages et les attaques, Al-Mourabitoune a revendiqué l'enlèvement en avril d'un Roumain, responsable de la sécurité d'une mine dans le Nord. Une vidéo le montrant aux mains de ses ravisseurs a été diffusée en août.

acm/dom