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20/11/2015 07:40 EST | Actualisé 20/11/2016 00:12 EST

L'opposition demande d'une seule voix au gouvernement Couillard de réinvestir en éducation

L'opposition demande au gouvernement Couillard de réinvestir en éducation le milliard de dollars de surplus dégagé depuis le début de l'année.

Les trois partis d'opposition en Chambre ont fait front commun, chose rare, vendredi, pour exiger, avec des coalitions de parents, un réinvestissement urgent, après les compressions imposées dans les 19 derniers mois.

Selon le porte-parole péquiste en éducation, Alexandre Cloutier, il y a maintenant les marges de manoeuvre requises pour embaucher des professionnels et du soutien aux enseignants, notamment pour les élèves en difficulté. Il faisait référence au rapport mensuel des opérations financières du gouvernement qui révélait récemment que l'État a dégagé un surplus de 944 millions $ dans les cinq premiers mois de l'exercice financier.

Des parents se manifestent aussi

La représentante de la Coalition des parents pour l'école publique, Ève Kirlin, a aussi réclamé l'investissement de ces surplus en éducation.

La porte-parole du groupe Je protège mon école publique, Pascale Grignon, a pour sa part affirmé que les récents attentats de Paris font prendre conscience de l'importance de l'éducation de qualité, qui donne des outils au Québec et aux enfants afin que la liberté et le respect gardent le dessus sur l'ignorance, la violence et l'injustice.

À l'Assemblée nationale en matinée vendredi, dans le cadre de la Commission de la culture et de l'éducation, la députée de Gouin pour Québec solidaire, Françoise David, a déclaré : « Il n'est plus vrai que chaque enfant du Québec a le droit à la meilleure éducation possible. Toutes sortes de disparités existent et sont inconciliables avec un droit véritable à l'éducation. Disparités entre les écoles privées et publiques, entre municipalités riches et villages dévitalisés. Entre écoles de milieux favorisés ou de classe moyenne et écoles de milieux défavorisés ».

Dans son interpellation du ministre de l'Éducation, François Blais, Mme David a soutenu que, ces cinq dernières années, « les gouvernements avaient coupé un milliard en éducation ». Selon elle, les conséquences de ces coupes atteignent directement les élèves. et elle a rappelé au ministre de l'Éducation qu'il avait lui-même affirmé lors de son assermentation qu'il devait beaucoup à l'école publique.

Dans sa réponse, le ministre Blais a reconnu que c'était le cas. Il a rappelé qu'il venait lui-même d'une grande famille de la campagne, « assez modeste ».

« Je suis vraiment un enfant du rapport Parent, a déclaré François Blais, et j'ai pu continuer mes études jusqu'au niveau universitaire et j'ai eu l'occasion ensuite de devenir un enseignant, de voyager dans le monde et de rencontrer les grands universitaires de mon domaine et tout ça c'est l'école publique qui me l'a permis. »

M. Blais a de plus précisé que ses propres enfants avaient fréquenté l'école publique. 

Il y a plus de ressources qu'avant, soutient François Blais

Certes, le ministre Blais reconnaît que l'année en cours est difficile en raison des efforts budgétaires qui sont demandés.

Et, dans le portrait qu'il a tracé à « grands traits » du système québécois, le ministre a expliqué que le grand défi du Québec en matière d'éducation réside dans la nécessité de réduire le fort taux de décrochage scolaire. 

Mais il maintient néanmoins que le Québec a connu « une augmentation importante des ressources ces dernières années ». Des ressources, dit-il en substance, qui contribuent maintenant à faire baisser le taux de décrochage. 

M. Blais a évoqué le fait que les services « pourraient être mieux déployés » par les commissions scolaires. Il a aussi dit que le personnel professionnel et enseignant avait augmenté « de façon continue ces dernières années » dans les écoles. « Il faut se satisfaire de ces situations-là », dit le ministre de l'Éducation.

Ce à quoi Francoise David a répliqué que dans les écoles secondaires de milieux défavorisés, le taux annuel de décrochage des élèves s'élevait à 24,2 % en 2011-2012. « Ce qui est près du double des écoles secondaires de milieux plus aisés », a-t-elle dit.

« J'aimerais qu'on souligne que lorsque les enfants sont pauvres, c'est parce que leurs parents sont pauvres et que j'espère que ce gouvernement ne s'attaquera non pas aux pauvres mais à la pauvreté des parents et de nos enfants des écoles défavorisées », a déclaré Françoise David.