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20/11/2015 05:48 EST | Actualisé 20/11/2016 00:12 EST

L'ancien espion d'Israël Jonathan Pollard libéré de prison aux États-Unis

WASHINGTON — Presque 30 ans après avoir été condamné à perpétuité pour espionnage au profit d'Israël, Jonathan Pollard a été libéré de prison, tôt vendredi.

Quelques heures seulement après sa libération, ses avocats ont contesté les conditions de sa libération, qu'ils qualifient d'«onéreuses et oppressives». Il doit notamment porter un bracelet électronique à la cheville, et tout ordinateur qu'il utilisera sera surveillé.

Avant l'aube, Jonathan Pollard, dont l'extraordinaire cas d'espionnage a compliqué les relations entre Israël et les États-Unis durant 30 ans, est sorti en voiture de la prison fédérale de Butner, en Caroline du Nord. Un de ses avocats a affirmé qu'il était emmené à New York. Né au Texas, l'Américain de confession juive a obtenu la citoyenneté israélienne en 1995.

Dans un communiqué, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a déclaré que le peuple d'Israël se réjouissait de la libération de M. Pollard, un jour que le chef d'État dit attendre depuis de nombreuses années.

Jonathan Pollard a été arrêté en 1987 pour avoir fourni de grandes quantités d'informations confidentielles du gouvernement américain à Israël.

Il a obtenu la libération conditionnelle cet été. Selon ses avocats, un emploi et un logement l'attendent dans la région de New York. Ses conditions de libération lui imposent de demeurer aux États-Unis pendant au moins cinq ans, mais des supporters de sa cause - dont M. Netanyahou et des membres du Congrès - cherchent à obtenir la permission de le déménager immédiatement en Israël.

Sa libération, qui est devenue au fil des ans un point d'achoppement diplomatique entre Washington et Jérusalem, clôt l'une des sagas d'espionnage les plus médiatisées des États-Unis.

Ancien analyste du renseignement pour la Marine américaine, il a été arrêté le 21 novembre 1985, après avoir tenté d'obtenir l'asile à l'ambassade israélienne à Washington. Il avait déjà suscité les soupçons d'un supérieur, car il traitait une grande quantité d'information confidentielle non liée à ses tâches officielles.

Selon les autorités américaines, il était payé pour fournir au gouvernement israélien des résumés de renseignement et d'énormes volumes de documents confidentiels sur les programmes et capacités des ennemis d'Israël. Il a plaidé coupable en 1986 à des accusations d'espionnage.