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20/11/2015 03:05 EST | Actualisé 20/11/2016 00:12 EST

Italie - Fiorentina: oh la belle Viola !

Inattendu leader du championnat d'Italie après 12 journées, la Fiorentina développe sous les ordres de Paulo Sousa l'un des jeux les plus séduisants de Serie A, porté par quelques talents souvent méconnus et guidé par la culture du beau qui caractérise Florence.

. La méthode Sousa

Son parcours parfois chaotique - QPR, Swansea, Leicester, Videoton, Maccabi Tel Aviv, Bâle - et son passé d'ancien joueur de l'Inter Milan et, surtout, de la Juventus ne plaidaient pas forcément pour lui.

Alors quand il a pris cet été la succession du très apprécié Vincenzo Montella, Paulo Sousa n'a pas vraiment été accueilli sous les vivats par les supporters florentins.

Moins de six mois plus tard, le bilan du technicien portugais, élégant, polyglotte et réputé exigeant avec ses joueurs, est pourtant éloquent: leader devant l'Inter, la Roma, Naples et tous les grands noms du calcio, sa Viola présente la deuxième meilleure attaque et la troisième défense du championnat.

Surtout, après quelques matches où elle a semblé se concentrer sur la défense, la Fiorentina s'est remise à très bien jouer au football, parfois même mieux qu'avec l'esthète Montella. Au point de parfois sembler marcher sur l'eau, comme quand elle est venue à San Siro ridiculiser l'Inter Milan, qui avait remporté ses six premiers matches (4-1).

. Les artisans du succès

La défense florentine est solide, le gardien roumain Tatarusanu est rassurant et le piston polonais Blaszczykowski, arrivé cet été de Dortmund, s'est rapidement adapté.

Mais s'il fallait citer trois joueurs symboles de l'équipe toscane, ce serait Borja Valero, Nikola Kalinic et Federico Bernardeschi.

Avec son physique passe-partout et son air de ne pas y toucher, Borja Valero est un meneur de classe qui se balade librement entre les lignes, porté par son instinct, et redoutable par sa qualité de passe et son coup d'oeil.

Arrivé en 2012 à Florence, l'Espagnol avait connu une dernière saison moyenne avec Montella. Cette année, il est revenu au sommet.

Le Croate Kalinic, 27 ans, est lui la belle surprise du mercato. Repéré à Dniepropetrovsk, cet attaquant fin et buteur s'est immédiatement inséré dans les schémas de Paulo Sousa. Il a déjà marqué sept fois et son triplé contre l'Inter a marqué les esprits. Son rôle au pressing est également essentiel.

Bernardeschi enfin est la pépite locale. 21 ans, formé au club et hyper-talentueux, celui qui porte sur le bras un tatouage représentant Audrey Hepburn peut jouer à tous les postes offensifs. Mais Paulo Sousa l'a placé à droite de son attaque où il fait des dégâts considérables.

Il est l'un des plus sûrs espoirs du football italien et a une petite chance d'aller à l'Euro. En attendant, son jeu d'artiste a déjà conquis les supporters florentins qui le surnomment Brunelleschi, comme l'architecte du fameux Duomo, la cathédrale de Florence.

. Culture du beau jeu

Attaquants artistes, récupération haute, possession de balle (65% en moyenne cette saison, du jamais vu en Serie A depuis 10 ans et le Milan d'Ancelotti), passes courtes: la Fiorentina est belle à voir évoluer.

Ancien entraîneur du club et ancien sélectionneur de l'Italie, Cesare Prandelli a proposé une explication dans le Corriere dello Sport.

"Florence est un endroit où les gens recherchent la beauté, c'est culturel. Ils ne veulent pas se satisfaire de gagner. Ils attendent plus, tu ne peux pas te contenter de balancer le ballon", a-t-il dit.

Beauté sur le terrain et dans la ville, les joueurs s'y retrouvent aussi, si l'on en croit Borja Valero. "Cet été j'ai refusé de quitter la Fiorentina parce qu'à Florence, il y a cette beauté à laquelle on ne s'habitue jamais. Pour moi c'est une chance de vivre ici", a expliqué l'Espagnol.

stt/dhe