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20/11/2015 08:53 EST | Actualisé 20/11/2016 00:12 EST

Espagne : appel à changer les noms de rues rappelant encore l'ère franquiste

Des appels ont été lancés vendredi, à l'occasion du quarantième anniversaire de la mort de Franco, pour que Madrid accélère le changement des noms de ses rues qui restent liés à la dictature franquiste (1939-1975).

La mairie de Madrid, dirigée depuis juin par l'ex-juge Manuela Carmena (issue d'une plateforme "d'indignés"), a rappelé en juillet sa volonté de changer ces noms. Mais le groupe socialiste au conseil municipal a réclamé vendredi que la mairie passe "des paroles aux actes" et "nettoie les rues des réminiscences franquistes".

Citant un rapport de l'historien Antonio Ortiz, il assure que "la Madrid compte encore plus de 170 rues, places et passages portant des noms de personnages de premier plan du franquisme et de la phalange", parti d'inspiration fasciste fondé en 1933.

"Il est indispensable pour la normalité démocratique que la ville cesse de rendre hommage à ce genre de personnes", a écrit la porte-parole socialiste, Purificacion Causapié, 40 ans jour pour jour après la mort de maladie de Francisco Franco, à 82 ans.

Dans un communiqué, elle a notamment cité les rues et passages portant des noms de généraux franquistes et la rue des "tombés pour la Division bleue", en référence aux milliers de volontaires espagnols engagés au côté de l'Allemagne nazie, à partir de 1941, sur le front russe.

L'avocat Eduardo Ranz a rappelé vendredi à l'AFP qu'il avait présenté il y a plusieurs mois une requête en ce sens à 60 municipalités à travers l'Espagne, dont Madrid. Il reproche à ces mairies de ne toujours pas appliquer la loi dite de "mémoire historique" adoptée en 2007 quand les socialistes étaient au pouvoir.

Celle-ci dispose que "les administrations publiques prendront les mesures opportunes pour retirer les écussons, insignes, plaques et autres objets ou mentions commémoratifs d'exaltation, personnelle ou collective, du soulèvement militaire, de la guerre civile et de la répression par la dictature".

L'avocat présente "l'arc de la victoire" et "l'avenue de la victoire" comme deux des "pires symboles" toujours présents à Madrid. Reste également une "place du "Caudillo", qui en 1953 avait remplacé la place du "Généralissime" en hommage à Franco.

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