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20/11/2015 07:50 EST | Actualisé 20/11/2015 07:51 EST

Réfugiés syriens : le Conseil syro-canadien demande de privilégier les réunifications familiales

Le porte-parole du Conseil syro-canadien de Montréal, Faisal Alazem, demande au gouvernement Trudeau de privilégier les réunifications familiales s’il veut atteindre l’objectif de 25 000 réfugiés syriens dans les délais annoncés.

« Nous demandons au gouvernement canadien qu’une partie soit concentrée sur le regroupement et la réunification familiale, explique-t-il en entrevue téléphonique. Il faut privilégier les plus vulnérables (enfants, femmes et malades). Ce sont des gens qui sont vraiment dans une situation précaire surtout qu’on est en période d’hiver ».

Les Canadiens d’origine syrienne qui aident déjà leurs familles restées au pays pourraient être d’un apport considérable dans la prise en charge des réfugiés que le Canada s’apprête à accueillir, dont 6 000, au Québec.

Que ce soit sur le plan financier ou dans le processus d’intégration, une fois arrivés. Sur le premier point, les Syriens du Canada supportent déjà financièrement leurs familles restées au pays ou qui vivent maintenant éparpillées entre les pays limitrophes de la Syrie à cause de près de cinq ans de guerre.

Avec l’hiver qui s’installe au Moyen-Orient, la situation va être de plus en plus difficile pour les millions de réfugiés. « Je suis de ceux qui encouragent à ce que l’opération se passe vite, ajoute-t-il. Nous sommes en hiver et chaque jour qui passe est une épreuve quand vous êtes dehors sous une tente louée dans un parc à Beyrouth ou en Jordanie. »

Bien que les délais pour faire venir au Canada ces réfugiés soient jugés non réalistes par certains, le porte-parole du Conseil syro-canadien croit que ça reste faisable si on commence rapidement. « C’est possible s’il y a une coopération entre le Haut Commissariat de l’ONU aux réfugiés, les gouvernements et l’armée canadienne. Il faut commencer vite. Un avion tous les jours à partir de maintenant et jusqu’à la fin de l’année », explique-t-il.

Il ajoute que l’opération devrait se passer en deux phases : la première est d’installer vite les gens. La deuxième concernera leur intégration et comment adresser tous les problèmes (travail, langue, santé…).

Harper ne voulait pas de réfugiés musulmans

Faisal Alazem se réjouit aussi que le gouvernement canadien ait changé de rhétorique vis-à-vis des réfugiés syriens et ne fait plus de différence entre chrétiens et musulmans.

L’ancien gouvernement Harper avait suspendu le traitement des dossiers soumis par le HCR pour des raisons de sécurité, officiellement. Au même moment, les parrainages privés dont la majorité relève des églises n’avaient pas été suspendus.

Plusieurs observateurs avaient accusé le gouvernement Harper de choisir les réfugiés selon leur religion et non leur vulnérabilité.

« Il y a 10 000 noms qui ont été référés et donc déjà filtrés par le HCR. Le gouvernement Harper avait rajouté une couche pour pouvoir refiltrer les dossiers », explique Faisal Alazem.

La raison selon lui est que le gouvernement Harper ne voulait pas de « réfugiés syriens musulmans. Pour lui cette catégorie doit être minime dans le programme de réinstallation des réfugiés syriens au Canada ».

En pleine campagne électorale, les chefs de partis avaient vigoureusement réagi quand la nouvelle d’un moratoire secret sur les dossiers de réfugiés syriens soumis par l’ONU avait commencé à s’ébruiter.

« C’est une honte pour le Canada », avait déclaré Thomas Mulcair, chef du NPD. Justin Trudeau s’était dit « pas surpris ». « C’est totalement inadmissible. M. Harper est en train de jouer avec la souffrance des gens », avait déclaré Gilles Duceppe, alors chef du Bloc québécois.

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