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20/11/2015 11:37 EST | Actualisé 20/11/2016 00:12 EST

Colombie : Santos appelle à un "conclave" jusqu'à la signature de la paix

Le président colombien Juan Manuel Santos a appelé vendredi les négociateurs des pourparlers de paix, menés depuis trois ans avec la guérilla des Farc, à se réunir en "conclave" et à n'en sortir que lorsqu'un accord pourra être signé.

Le chef de l'Etat a en outre annoncé avoir dépêché son frère, Enrique comme "messager personnel" à Cuba, où se tiennent ces pourparlers depuis novembre 2012 afin d'accélérer le processus visant à mettre fin à plus d'un demi-siècle de conflit armé.

"Mon frère Enrique est aujourd'hui (vendredi) à La Havane - je l'ai envoyé comme mon messager personnel - réuni avec Timochenko", Timoleon Jimenez, le chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), première guérilla du pays.

Le chef de l'Etat a ajouté que "pa

rmi les sujets dont ils discutent, il y a une proposition pour que les négociateurs se réunissent en conclave et n'en sortent qu'une fois que tous les points des négociations auront été résolus".

"Tout consiste à accélérer le processus de paix", a souligné M. Santos depuis le palais présidentiel Casa de Nariño, à Bogota, au lendemain du 3e anniversaire du début des pourparlers de paix.

Le président colombien et Timochenko, qui n'est pas membre permanent de la délégation des négociateurs des Farc, s'étaient rencontrés en septembre à La Havane et engagés à signer un accord de paix définitif avant le 23 mars prochain.

Plusieurs agréments partiels ont déjà été signés dans le cadre de ces pourparlers sur la réforme agraire, le trafic de drogue et la participation politique des guérilleros démobilisés. Mais il reste d'importants points à résoudre, notamment sur la création d'un tribunal spécial pour les belligérants, les réparations aux victimes et le désarmement des rebelles.

"Nous voulons accélérer les négociations car plus vite nous en finirons avec le conflit, moins nous aurons de victimes", a estimé M. Santos.

Il a fait cette déclaration au côté de l'ambassadeur des Etats-Unis en Colombie, Kevin Whitaker, après avoir signé un accord de coopération prévoyant une aide de 626 millions de dollars sur cinq ans de l'agence gouvernementale américaine USaid pour financer des projets de développement dans les zones affectées par la guerre interne.

Le conflit colombien, qui au fil des décennies a impliqué guérillas d'extrême-gauche, paramilitaires d'extrême-droite, forces armées et narco-trafiquants, a fait au moins 220.000 morts, des dizaines de milliers de disparus et six millions de déplacés.

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