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20/11/2015 09:04 EST | Actualisé 20/11/2016 00:12 EST

Aucune preuve du passage d'Abaaoud en Grèce, affirme Athènes

Le gouvernement grec s'est insurgé vendredi soir contre les propos du ministre français de l'Intérieur selon lesquelles Abdelhamid Abaaoud, un des cerveaux présumés des attentats à Paris, avait transité récemment par la Grèce, soulignant qu'il n'y a aucune preuve de cette présence.

Le ministère de la protection des citoyens a "regretté" dans un communiqué d'avoir appris par la presse que le ministre français, Bernard Cazeneuve, avait affirmé qu'un "service de renseignement +hors d'Europe+" avait informé la France qu'Abdelhamid Abaaoud était "passé par la Grèce".

"A ce jour, aucune source n'a apporté la moindre preuve pour confirmer cette affirmation entièrement basée sur des articles de presse de janvier 2015", indique le ministère grec, qui demande aux autorités françaises de "faire publiquement la rectification appropriée".

M. Cazeneuve avait fait ces déclarations jeudi. "Ce n'est que le 16 novembre dernier, postérieurement aux attentats de Paris, qu'un service de renseignement d'un pays hors d'Europe nous a signalé avoir eu connaissance de (la présence d'Abaaoud) en Grèce", avait-il dit.

Le renseignement serait venu de Turquie, selon une source proche de l'enquête.

Le ministre français avait regretté n'avoir reçu "aucune information émanant de pays européens" sur le passage d'Abaaoud.

Un lien possible entre la Grèce et Abaaoud avait émergé en janvier dans le cadre d'une enquête en Belgique qui le visait.

Sur la base de matériel fourni par les Belges - un prénom, une photo et un numéro de portable, selon une source policière grecque citée à l'époque par l'agence ANA - deux arrestations avaient été réalisées à Athènes, mais aucun lien n'avait finalement été établi entre Abaaoud et les personnes arrêtées, dont une au moins avait été relâchée.

La presse belge avait indiqué en revanche qu'Abaaoud avait passé des appels depuis la Grèce.

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