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20/11/2015 06:30 EST | Actualisé 20/11/2016 00:12 EST

Au Pakistan, pluie de messages de solidarité avec les Français

"Je veux dire aux Français qu'ils ne sont pas seuls": Andalib Aftab, professeure de chimie de Peshawar, carrefour du nord-ouest pakistanais, est toujours émue quelques jours après le massacre à Paris de 130 civils.

Mme Aftab sait de quoi elle parle: sa ville a été ensanglantée par les attaques des rebelles islamistes talibans depuis 10 ans, et elle a perdu son fils de 16 ans dans celle qui reste à ce jour la plus cruelle: le massacre de plus de 150 personnes, dont plus de 130 enfants, dans une école militaire de la ville, l'Army public school (APS), en décembre dernier.

Au Pakistan comme en Afghanistan, l'heure est souvent à la condamnation sans équivoque du terrorisme aveugle des attentats de Paris, revendiqués par le groupe Etat islamique, tranchant avec les réactions mitigées observées après l'attaque contre Charlie Hebdo en janvier.

Au Cachemire indien (à majorité musulmane), des centaines de personnes avaient à l'époque manifesté contre les caricatures de Mahomet, jugées blasphématoires. Cette fois, des centaines de personnes sont descendues dans la rue pour dénoncer les attaques de Paris, y compris le très conservateur leader Syed Ali Shah Gilani, qui a jugé "totalement injustifiable" de "tuer des innocents au nom de la religion".

"Ces terroristes lâches ne me représentent ni moi, ni ma religion", a souligné sur Twitter un militant afghan des droits de l'Homme, Omaid Sharifi, en reprenant le slogan #NotInMyName.

De nombreux twittos musulmans utilisant le même hashtag en ont profité pour rappeler le verset du Coran disant que "Celui qui tue un homme, tue toute l'Humanité".

Dans les zones de conflits, perce toutefois également l'amertume de voir que les victimes locales ne bénéficient pas d'autant de soutien international que celles de Paris.

"Pourquoi devons-nous manifester une forte empathie avec les Français alors que nos propres gens sont tués tous les jours par les terroristes. Est-ce qu'ils nous soutiennent de la même manière?", se demande l'Afghan Yousuf Omar sur Facebook.

Ce sentiment est exprimé dans une vidéo tournée et postée sur Facebook par cinq jeunes comédiens pakistanais après les attaques de Paris, devenue virale en quelques jours (plus de 3,5 millions de vues vendredi).

Sur fond d'"Imagine", l'hymne pacifique de John Lennon, ils soulignent que les musulmans sont de loin les principales victimes du terrorisme dans le monde.

"Nous comprenons entièrement ce par quoi vous passez", disent-ils aux Parisiens. Mais "nous ne pouvons pas passer notre temps à nous excuser", car "nous ne pouvons être tenus responsables des actes de quelques individus mentalement dérangés qui s'affirment d'une manière ou d'une autre semblables à nous". "Ce serait comme rendre tous les Allemands responsables des actes d'Hitler".

Ces jeunes Pakistanais jugent également "facile" d'accuser les réfugiés musulmans qui arrivent en Europe, demandant au monde de "comprendre qu'il fuient les mêmes gens qui mènent ces attaques".

"En toute honnêteté, nous sommes comme vous. Nous avons les mêmes problèmes fondamentaux que vous. Les mêmes rêves, espoirs et ambitions que vous. Et le soir, nous nous endormons en espérant et en priant pour nous réveiller dans un monde meilleur pour tous".

burs-st/emd/phv

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