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20/11/2015 08:13 EST | Actualisé 20/11/2016 00:12 EST

Attentats de Paris: le rôle d'Abaaoud et de sa cousine en question

Trois personnes sont mortes dans l'assaut des forces de l'ordre mercredi à Saint-Denis (nord de Paris), dont l'instigateur présumé des attentats de Paris, Abdelhamid Abaaoud, et sa cousine.

Les services antiterroristes tentent de retracer le parcours emprunté depuis la Syrie par une partie du commando, de savoir comment ils se sont coordonnés et pistent toujours d'éventuels complices.

Qui a été identifié ?

Le jihadiste belgo-marocain Abdelhamid Abaaoud, inspirateur de plusieurs attentats ou projets d'attentats en Europe, est mort dans l'assaut mené par les policiers d'élite mercredi à Saint-Denis.

Sa cousine, Hasna Aitboulahcen, 26 ans, a aussi été identifiée parmi les morts, grâce à ses empreintes digitales. Des fragments de corps, appartenant vraisemblablement à un autre homme, sont en cours d'identification.

Parmi les auteurs des attentats du 13 novembre, quatre kamikazes, tous Français, ont été identifiés: Brahim Abdeslam (31 ans), Bilal Hadfi (20 ans), Samy Amimour (28 ans) et Omar Ismaïl Mostefaï (29 ans).

Les enquêteurs s'attachent à mettre un nom sur les trois autres kamikazes du Stade de France, dont l'un est arrivé sur le sol européen par la Grèce, début octobre, en passant avec des migrants.

Soupçonné d'avoir participé aux attentats, le Français Salah Abdeslam reste introuvable depuis qu'il a sans doute été exfiltré par deux complices présumés, inculpés en Belgique.

D'autres personnes sont-elles encore dans la nature? "On peut l'imaginer", selon le Premier ministre Manuel Valls.

Par ailleurs, la voix d'un vieux routier du jihadisme français, Fabien Clain, 37 ans, a été identifiée sur un message de revendication des attentats par l'EI. La voix de son frère Jean-Michel a également été identifiée dans les chants accompagnant cet enregistrement.

Comment se sont déroulées les attaques ?

La veille des attentats, trois voitures sont arrivées quasiment en convoi depuis la Belgique.

Des questions se posent sur l'équipe qui s'en est prise aux clients de bars et restaurants parisiens. Les enquêteurs sont convaincus que Brahim Abdeslam, mort en kamikaze, en a fait partie.

C'est moins sûr pour son cadet, Salah. Il a loué plusieurs voitures, sa carte a servi à payer deux chambres d'hôtel. Mais les enquêteurs se demandent s'il n'a pas convoyé les kamikazes du Stade de France dans une Clio garée dans le nord de Paris tout juste après l'attaque des terrasses. Ce qui rendrait sa présence dans le commando des terrasses plus hypothétique.

Abaaoud faisait-il partie de cette équipe ? Ce n'est pas exclu. L'homme a été filmé, le 13 novembre vers 22H00, dans le métro à Montreuil, à l'est de Paris, là où a été retrouvée une Seat noire utilisée dans ces attaques. Des analyses pour déterminer si son ADN ou ses empreintes apparaissent, notamment sur l'une des trois kalachnikov retrouvées dans la voiture, sont en cours.

Quel a été le rôle d'Hasna Aitboulahcen? Pour tenter de lever ces zones d'ombre, les enquêteurs procèdent à de nombreuses analyses notamment celle d'un portable retrouvé près du Bataclan et d'où un SMS a été envoyé par un des membres du commando.

Comment sont-ils venus depuis la Syrie ?

Comment Abdelhamid Abaaoud, condamné pour des faits de terrorisme en Belgique, visé par un mandat d'arrêt international et bien connu des services, a pu, depuis la Syrie, traverser toute une série de frontières avant d'entrer en France? Manuel Valls a assuré "ne pas le savoir". Abaaoud narguait déjà les services antiterroristes en février, dans un entretien au magazine numérique de l'Etat islamique, Dabiq. "Mon nom et ma photo étaient dans tous les journaux et pourtant je suis parvenu à rester dans leur pays (la Belgique, ndlr), à planifier des opérations contre eux et à partir sain et sauf quand cela est devenu nécessaire", selon ses dires.

Quelles routes ont emprunté sans attirer l'attention les membres du commando venus des terres de jihad syrien?

Hormis la certitude qu'un des kamikazes du stade de France a été contrôlé début octobre en Grèce, les enquêteurs cherchent d'autres éléments accréditant la thèse d'assaillants se mêlant au flot des migrants. La question de la coopération entre services européens reste posée. Comment l'un des kamikazes, Samy Amimour, mis en examen pour des velléités de départ au Yémen, a-t-il pu partir et revenir sans jamais être repéré? Pourquoi les Belges n'ont pas prévenu les Français que les frères Abdeslam figuraient sur leurs fichiers antiterroristes?

sde/arb/mra/chp/ger