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20/11/2015 06:32 EST | Actualisé 20/11/2016 00:12 EST

Attentats de Paris: Hasna Ait Boulahcen, ex-"cow-girl" des quartiers radicalisée

Après une enfance maltraitée et une jeunesse de fêtarde, elle avait troqué son chapeau de cow-boy pour le voile intégral. La Française Hasna Ait Boulahcen est morte mercredi dans un raid policier avec son cousin Abdelhamid Abaaoud, instigateur présumé des attentats de Paris.

Le corps d'une femme, découvert dans la nuit de jeudi à vendredi sur les lieux de l'assaut, "a été formellement identifié, après comparaison d'empreintes digitales, comme étant celui d'Hasna Ait Boulahcen", a annoncé vendredi le procureur de Paris, en charge de l'enquête.

La veille, une perquisition d'ampleur avait visé le domicile de sa mère à Aulnay-sous-Bois, en banlieue parisienne, où la jeune femme, 26 ans, vivait encore récemment.

Selon ses proches, Hasna Ait Boulahcen avait radicalement changé il y a six mois. "Elle avait commencé par porter le jilbab (tenue recouvrant l'intégralité du corps excepté le visage, ndlr) puis, un mois après, elle était passée au niqab (où l'on ne voit plus que les yeux): elle s'était fabriqué sa propre bulle, elle ne cherchait aucunement à étudier sa religion, je ne l'ai jamais vue ouvrir un Coran", explique à l'AFP un homme qui se présente comme son frère et demande l'anonymat.

Jusqu'alors ses proches connaissaient un "garçon manqué", en "blue jean, casquette, lunettes", "physique quelconque".

"Parfois excentrique", raconte Sofiane. Son surnom? "Chapeau de paille, parce qu'elle en portait souvent. Bavarde, avec la tchatche, un peu fofolle, aussi, instable: elle pouvait surgir devant toi et commencer à faire un rap".

Même stupéfaction à Creutzwald, ville ouvrière de l'est de la France, où la jeune femme rendait parfois visite à son père de 74 ans. Là, elle laisse le souvenir d'une fêtarde, "avec son petit chapeau de cow-boy et ses santiags", qui "fumait de temps en temps et buvait dans les soirées", raconte un ancien ami, Jérôme.

Le père, musulman très pratiquant qui avait quitté le foyer familial pour travailler chez Peugeot, se trouve actuellement au Maroc.

- "Lavage de cerveau" -

Née en août 1989 en périphérie de Paris, Hasna Ait Boulahcen a eu une enfance maltraitée et avait été placée dans une famille d'accueil entre 8 et 15 ans. Une période "heureuse et épanouie", résume son frère.

"Au début, ça se passait bien. C'était une gamine comme les autres", mais sans jamais aucun geste de tendresse, témoigne sous couvert d'anonymat sa mère d'accueil auprès de l'AFP.

Puis les choses se dégradent: "Pour moi, ça venait de chez elle", des visites une fois par mois chez ses parents. Le 11 septembre 2001, la fillette "applaudissait devant la télé".

Peu à peu, l'adolescente ne fait "que ce qui lui plaît", hurle parfois, fait le mur.

Quelques bizarreries aussi: "Elle s'enroulait toujours dans une couette la tête cachée. Elle disait qu'il y avait le diable la nuit".

Elle quitte cette famille d'un coup, à 15 ans. Dernier contact en 2008. "Quand elle est partie, je me suis dit: +elle est perdue+", raconte la mère d'accueil, qui a pleuré en découvrant sa photo à la télévision.

"En grandissant, elle a manqué de repères et a a multiplié les fugues, les mauvaises fréquentations", résume son frère. Selon une source proche du dossier, la jeune femme a été inquiétée par la justice dans une affaire de stupéfiants.

Après sa brutale radicalisation, "un lavage de cerveau" selon sa mère, 58 ans, rencontrée jeudi par l'AFP, la jeune femme "passait son temps à tout critiquer, elle n'acceptait aucun conseil, elle entretenait des relations plus que douteuses", se rappelle son frère.

"Elle était en permanence avec son smartphone sur Facebook et Whatsapp. +Fais ta vie, je fais la mienne+, elle disait". Il y a trois semaines, elle était selon lui partie vivre chez une amie, à Drancy.

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