NOUVELLES
20/11/2015 09:19 EST | Actualisé 20/11/2016 00:12 EST

Après les attentats de Paris, l'ONU vote une résolution anti-EI, attentat au Mali

Une semaine après les pires attentats commis en France, une prise d'otages massive a fait plus d'une vingtaine de morts à Bamako et l'Onu s'apprêtait vendredi à voter une résolution contre le groupe Etat islamique.

Après neuf heures d'enfer, l'attaque, non encore revendiquée, menée par des hommes armés dans un grand hôtel de Bamako prisé par la clientèle internationale, s'est terminée à l'issue d'une intervention conjointe des forces maliennes et étrangères, notamment françaises et américaines.

Des sources de sécurité maliennes ont fait état d'au moins 22 morts parmi les otages. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a dénoncé "une attaque terroriste odieuse".

L'attaque de Bamako est intervenue une semaine exactement après les attentats de Paris, qui ont fait 130 morts selon un nouveau bilan, et provoqué une onde de choc planétaire.

A New York, le Conseil de sécurité des Nations unies devait voter vers 18H00 GMT une résolution française autorisant "toutes les mesures nécessaires" pour contrer les jihadistes de l'EI, à l'origine du carnage parisien.

Le projet de résolution "demande aux Etats qui ont la capacité de le faire de prendre toutes les mesures nécessaires (...) pour redoubler d'efforts et coordonner leurs initiatives afin de prévenir et stopper les actes terroristes commis spécifiquement" par l'EI, ainsi que par d'autres groupes extrémistes associés à Al-Qaïda.

Le président français a ordonné jeudi l'"intensification" des bombardements contre l'EI en Syrie et en Irak, notamment au moyen du porte-avions Charles-de-Gaulle attendu au large de la Syrie en fin de semaine.

François Hollande, qui veut forger une coalition "élargie, unique" contre les jihadistes, doit aller la semaine prochaine à Washington et Moscou, et recevoir entre ces deux déplacements la chancelière allemande Angela Merkel à Paris.

- L'Europe veut réformer Schengen -

A Bruxelles, les ministres européens de l'Intérieur et de la Justice se sont engagés, lors d'une réunion en urgence, à adopter avant la fin de l'année le fameux PNR, un fichier de données sur les voyageurs aériens et à renforcer la lutte contre les trafics d'armes dans les Balkans.

Les Européens ont décidé de renforcer "immédiatement" les contrôles aux frontières extérieures de l'UE, y compris pour leurs ressortissants. Et la Commission proposera "d'ici la fin de l'année" une révision des règles de Schengen dans le même but.

"Notre réaction collective doit être implacable. Il faut sortir des promesses sans lendemain, des atermoiements et des lenteurs. Sinon l'Europe se perdra", a prévenu le ministre de l'Intérieur français Bernard Cazeneuve.

L'illustration des défaillances de la lutte antiterroriste aura été le retour incognito en Europe du jihadiste belgo-marocain Abdelhamid Abaaoud. Le soir des attentats, il a été filmé dans une station de métro à Montreuil, à l'est de Paris, accréditant l'hypothèse de sa participation directe aux attaques.

La confirmation de sa présence en région parisienne alors qu'il était censé être en Syrie a provoqué une vaste polémique. Comment ce Belgo-marocain, qui faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international, a-t-il pu revenir en Europe pour coordonner les attentats du 13 novembre ?

"Nous ne savons pas", a reconnu jeudi soir le Premier ministre français Manuel Valls.

Le corps d'Abaaoud a été identifié dans les décombres d'un appartement pris d'assaut mercredi à Saint-Denis au nord de Paris.

Sa cousine Hasna Aitboulahcen, une Française de 26 ans d'origine marocaine, a été "formellement" identifiée parmi les trois personnes tuées par la police, mais elle n'est pas morte en kamikaze contrairement à ce qui avait été évoqué jeudi, selon une source policière.

Les enquêteurs recherchent toujours activement un des auteurs des attentats du 13 novembre, Salah Abdeslam, soupçonné d'avoir fait partie du "commando des terrasses", qui a mitraillé des bars et restaurants de l'Est parisien. Il pourrait être en France ou en Belgique.

Quatre kamikazes ayant péri dans les attaques, tous Français, ont été identifiés. Reste à mettre un nom sur trois autres, dont un homme passé récemment par la Grèce, auprès duquel a été retrouvé un passeport syrien à l'authenticité douteuse, dont les policiers ont diffusé la photo.

Côté belge, neuf personnes ont été interpellées jeudi près de Bruxelles, où avaient résidé la plupart des membres des commandos de kamikazes.

"La menace est toujours présente et va être longue et permanente", a prévenu Manuel Valls.

- Hommage national le 27 en France -

Les perquisitions administratives, facilitées par l'état d'urgence, se poursuivent à un rythme soutenu, près de 800 depuis le 13 novembre, dans toute la France. 90 personnes ont placées en garde à vue, 164 assignées à résidence et 174 armes saisies.

Mesure rarissime, un couvre-feu a été décrété après une saisie d'armes dans une ville moyenne du centre du pays, Sens, en vertu de l'état d'urgence.

L'état d'urgence devrait rester en vigueur jusqu'à fin février en vertu d'un projet de loi adopté en urgence par le Parlement français. Ce texte élargit les possibilités d'assignation à résidence et permet la dissolution de groupes et associations extrémistes.

La présidence française a annoncé qu'un hommage national sera rendu vendredi prochain aux victimes des attentats.

Dans de nombreuses mosquées en France, des textes condamnant le "terrorisme" ont été lus vendredi.

Ailleurs, la solidarité avec le pays reste de mise: la Marseillaise retentira ce week-end avant tous les matchs du championnat de football d'Angleterre.

Sur le front des attentats dans le monde, l'EI a revendiqué vendredi une attaque meurtrière contre l'armée dans le sud-est du Yémen (50 militaires tués). Et au sud de Bagdad, un double attentat à la bombe a fait au moins six morts près d'une mosquée chiite.

bur-thm/bpi/prh/ger