DIVERTISSEMENT
19/11/2015 11:56 EST

Ouverture de M pour Montréal: The Franklin Electric, Milk & Bone et Elliot Maginot (PHOTOS)

C’est dans un Rialto bondé que le bal M pour Montréal s’est ouvert officiellement, mercredi soir. Au programme: The Franklin Electric, Milk & Bone et Elliot Maginot.

La formation anglo-montréalaise The Franklin Electric n’a pratiquement plus besoin de présentation. Le quatuor a livré une tonne de spectacles ici et à l’étranger. D’ailleurs, le groupe de musique pop-alt-rock un brin orchestrale revient d’une tournée européenne assombrie en finale par les attentats de Paris. Heureusement pour les membres, aucun n’a été meurtri dans sa chair.

Vers 22 h 30, les quatre gars sont montés sur scène afin de livrer la quasi-totalité des morceaux de leur album This Is How I Let You Down ainsi que quelques pièces qui devraient paraître sur le prochain disque. Debout devant le micro, le chanteur Jon Matte a envoyé en introduction la pièce folk Uninvited (Storm) en ajoutant plus tard de belles textures à la trompette. Une entrée réussie. Après Shadows et It’s Take You (nouveau morceau), interprétées de manière passablement dramatique, la plus vivante 17 a fait du bien. Tout ici était archi maîtrisé par les musiciens, comme l’ensemble du spectacle il faut dire.

Les spectateurs, souvent en émoi (surtout ces filles près de la scène), ont ensuite entendu la chanson Old Piano, à la facture très Coldplay, la balade Alone (qui met en valeur la voix juste et feutrée de Matte, qui rappelait encore le travail de Chris Martin de Coldplay) et Where the Good Things Lie (plus ou moins engageante). Strongest Man, aussi réussie sur les planches que sur le disque, est venue réinjecter de l’énergie dans la salle. Le dynamisme du batteur fut particulièrement apprécié.

Après la peu convaincante Can’t Get It Back, Watching From a Rooftop nous a entraînés dans un monde qui rappelle la musique d’un autre groupe montréalais qui tire très bien son épingle du jeu, Half Moon Run. À cet égard, mentionnons le rythme saccadé du morceau, les claquements sur les caisses, la belle mélodie et cette douceur hypnotisante dans la voix de Matte.

Assis au piano à queue, le chanteur s’est par la suite aventuré seul sur les premières lignes de l’incontournable This Is How I Let You Down. Graduellement, le batteur s’est invité dans la chanson. Finale cathédrale avec ces centaines de voix qui interprétaient aussi les paroles. Peu importe la manière dont le groupe interprète ce hit, c’est toujours une réussite.

Au rappel, les quatre gars (Jon Matte à la guitare acoustique) se sont regroupés autour d’un micro afin d’offrir Show Me the Quiet Air. Disons que l’approche feu de camp commence à perdre de son originalité… Unsatisfied fut la dernière chanson du spectacle. The Franklin Electric a fait un pas de géant au cours des deux dernières années. De grande qualité, le concert manque néanmoins d’ingrédients afin que la formation puisse se distinguer pleinement. À suivre.

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Elles étaient deux

Depuis la sortie de l’album Little Mourning, le duo électro-pop montréalais Milk & Bone ne cesse d’agrandir le cercle de ses amateurs. Deux jeunes femmes (Laurence Lafond-Beaulne et Camille Poliquin) ; deux amies ; deux chanteuses ; deux claviers : tout est dualité et harmonie dans ce projet qui a rapidement dépassé leurs attentes.

Depuis le printemps, les filles ont joué un peu partout au Québec. Elles ont visité quelques villes aux États-Unis et s’apprêtent à fouler le sol européen, comme l’a souligné l’une d’entre elles durant la prestation. Sur album comme sur scène, mêmes univers (peut-être un peu trop semblables d’ailleurs). Milk & Bone, c’est une petite bombe de chansons léchées, contrastées (pour ne par dire un petit peu sombres) et accrocheuses. Leurs voix angéliques sont quelques fois inquiètes, mais surtout teintées d’émotions à fleur de peau. Cela dit, ce n’est pas mièvre, mais délicat.

Sur scène, c’est fort original, mais un peu plat… et statique. Outre le ukulélé qui arrive dans les bras de Lafond-Beaulne lors de la reprise de Death With Dignity de Sujan Stevens, rien ne bouge, ou presque. C’était assez tranquille devant les claviers disposés sur la scène du Rialto. En même temps, c’est ce que Milk & Bone propose et les deux chanteuses semblent parfaitement l’assumer.

Transe et minimalisme sont des mots qui qualifient assez bien ce spectacle qui risque d’être proposé encore et encore dans de nombreuses salles d’ici et d’ailleurs. Durant une heure, les musiciennes ont offert une dizaine de pièces, dont Elephant, Easy to Read, Coconut Water, Poison, Watch, Tomodachi et la prenante New York qui a joliment terminé le spectacle avec ses basses pesantes et son amour qui s’en va.

Maginot

Le jeune musicien et chanteur Elliot Maginot a laissé paraître en février Young/Old/Everything.In.Between, un bel album « dreamy » bien fignolé. Auteur-compositeur-interprète sur lequel mise la maison de disque montréalaise Indica, il a tout le potentiel pour offrir d’autres bons albums et des spectacles de qualité. Or, celui qui ouvrait la soirée du Rialto ne semble pas avoir tout à fait trouvé le ton juste pour proposer les pièces de son premier long jeu.

Tout était là sur scène, mais quelque chose empêchait la pâte de prendre de l’expansion. Bien que la dizaine de chansons proposées étaient de qualité, la proposition générale manquait de « oumf ». Rien à voir avec les musiciens, qui étaient à la hauteur… À sa défense, tout est encore bien frais. Un artiste que l’on doit garder à l’œil, néanmoins.

M pour Montréal, du 18 au 21 novembre 2015. Pour la programmation complète, c'est ici.